‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 595 sur 723 · XV. — A M. GALIEN · texte numérisé non relu

XV. — A M. GALIEN

EN LUI RENDANT SES POÉSIES ENVELOPPEES d'une ARMOIRIE d'ENTEAREMENT.

J'ai lu tes vers , dont je n'eus cure Dès que j'en vis la couverture :

C'éUit un drap de sépulture Qui me semblait de triste augure.

Aussitôt je fis conjecture Qae ces vers seraient la pâture De ceux qui sous la tombe dure rrépargnent nulle créature;.

Hais , quand j'en eus fait la lecture , y/ n me fut force d'en conclure. .

Qae cette plaisante écriture Fait rire les gens sans mesure.

Qiie si ta belle humeur te dure , Tu feras descendre Voiture Do Pégase à la corne dure , £t ne saurais à la Couture* Trouver de plus fine monture.

Mais prends garde , je te conjure , Qu'il ne t'affole la fressure , Ou fasse au chef une blessure Qm soit de difficile cure ; Car il est gai de sa nature Fringant, délicat d'embouchure , Et ce n'est pas chose trop sûre Que d'y monter à Taventore.

Si tu le domptes , je t'assure Qu'un jour chez la race future Tu seras en bonne posture ; .

Mais diable , c'est là l'enclouure'.

* Cest le titre de cet opéra rejeté, et notre poète trouvait pK» sage de le perfectionner qne de se Tenger de celui qui Ta- Tait dédaigné.

* Célèbre foire de Reims , qui commence le premier mardi après Pâques, et dure huit jours. Elle se tenait dans la rue de la Ctmture , plantée d'arbres , et fort large , A l'extrémité occidentale de la Tille, entre l'église et la porte Saint- Jacques, qui depuis a pris le nom de porte Neure.

' C'est là le difficile . et ce qui donnetde la peine.

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