‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 614 sur 723 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

Hyménée et rAmour vont ooodare un traité Qui les doit rendre amis pendant longues années.

Bourbon , jeune divinité , Gonti , jeune héros , joignent leurs destinées. Gondé Tavait , dit-on, en mourant souhaité.' Ce guerrier, qui transmet à son fils en partage Son esprit, son grand cœur, avec un héritage Dont la grandeur non plus n'est pas à mépriser, Contemple avec plaisir de la voâte éthérée Que ce nœud s'accomplit, que le prince Tagiée, Que Louis aux Gondés ne peut rien refuser.

Hyménée est vêtu de ses plus beaux atours : Tout rit autour de lui , tout éclate de joie : Il descend de TOlympe environné d'Amours

Dont Gonti doit être la proie :

Yénus à Bourbon les envoie.

Ils avaient Tair moins attrayant

Le joor qu'elle sortit de l'onde $

Et rendit surpris notre monde

De voir un peuple si brillant.

Le chceur des Muses se prépare :

On attend de leurs nourrissons Ge qu'un talent exquis et rare Fait estimer dans nos chanson».

Apollon y joindra ses sons , Lui-même il apporte sa lyre.

to<yà l'amante de Zéphire, Et la déesse du matin,

« Cet épithaUme a été inséré à lort dant rédttioo des Fabtet faite à Loodrei en f 70S . fible ccuti . et depuis dans toates les antfes éditioiii antérieures à celle que nous avons donnée en f sas. «*est dans l'édition de Paris , 1715. qu'on a mis . pour la première fob , «dans le titre , V Hyménée et V Amour,

• Marle-Thértee de. Bourbon, dite mademoiseUe de Bonri)On , liUe aînée de Beori-Jules , priooe de Condé • et d'Anne de BaTléie , fut mariée , par dispense du pape . à Versailles, le 29 Juin f 6SS . à François-Louis de Bourbon . prince de Gonti. Cest au injct de oe mariage que la Fontaine fit cet épidialame. Voltaire » dans le Sièelt de LouU XIF^ donne pour femme à François^Lools de Bouibon-Conti Adélaïde de Bourbon. U se trompe \ die se nommait Thérèse de Bourbon. C'est sa seconde fille qui fut nommée Louise-Adélaïde. (Voyet Anselme , EU' UAre généoloyiqttê al cArono/o^^tie de ta maison de France, troblème édiUon in-lblio, 1726» t. I. p. SIS-330.) François- Louis de Bourbon était né le 10 avrO iOSI , et Marie-Thérèse de Bouitan le i*' février iM.

Des dons que le printemps étale Gommenoent à parer la salle Où se doit fiûre le festin.

• O vous pour qui les dieux ont des soinssi preannts,

Bourbon , aux diarmes tout-puissants. Ainsi qu'à TAme toute belle, Gonti , par qui sont effiicés Les héros des siècles passés, ^ Gonservez Tun pour Tautreune ardeur mntoellel Vous possédez tous deux ce qui plaît plus d^un joor, Les grâces et Tesprit , seuls soutiens de l'amoiir. Dans la carrière aux époux assignée^ Prince et princesse , on trouve deux diemins : L*un de tiédeur, commun chez les humains; La passion à l'autre fut donnée.

FTen sortez point ; c'est un étal bien doux,

Mais peu durable en notre Ame inquiète.

L'amour s'éteint par le bien qu'il souhaite ;

L'amant alors se comporte en époux.

Ne saurait-on établir le contraire,

Et renverser cette maudite loi?

Prince et princesse, entreprenez l'aflUre;

Nul n'osera prendre exemple sur moi.

De ce conseil faites expérience ;

Soyez amants fidèles et constants'.

S'il fout changer, donnez-vous patience ,

Et ne soyez époux qu'à soixante ans.

Vous ne changerez point : écoutez Galliope; Elle a pour votre hymen dressé cet horoscope :

Pratiquer tons les agréments Qui des époux font des amants, Employer sa grâce ordinaire , G'est ce que Gonti saura Adre.

Rendre Gonti le plus heureux Qui soit dans l'empire amoureux , Trouver cent moyens de lui plaire , G'est ce que Bourbon saura foire.

Apollon m'apprit l'autre jour Qu'il naîtrait d'eux un jeune Amour Plus beau que l'enfont de Gythère , En un mot semblable à son père '.

Former cet enfont sur les traits Des modèles les plus parbils ,

* 81 la Footafaie avait ttil imprimer lui-même cette plèot. I aurait mis attinéé pour la rime , comme il a lait aiUeun en par reilcu.

* Il n'en Ait malbeoreosement pas ainsi, et l'on peut coonlter à ce sujet VBittoire de la vie el du cuorages de la Fm-^ laine , troisième édition . 1S24 . p. 4SS.

* Marie-Thérèse de Bourbon eotsept enfanli de son nariase avec le prince de Gonti. Quatre •eulemtotvécnrent.dsaiVir'' {onsetdeufilleB.

ÊGLOGUE.

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Cert œqoe Bourbon saora foire; Hais de nous priver d'an tel bien , Cest à quoi BoQibon n'entend rien\

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