‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 615 sur 723 · X. ÊGLOGUE · texte numérisé non relu

X. ÊGLOGUE

CLYMÊNE, ANNETTE.

CLTMÈME.

Je ne tenz plus aimer, j^en ai fait un serment, lias vient de louer en ma présence Aminte ;

J^ai TU triompher mon amant

Du dépit dont j'étais atteinte.

Je ne veux plus aimer, j'en ai fait un serment. Tons...

ÀNlfBTTB.

Qui ne rirait de ce sujet de plainte ? Hais que dis-tu d' Atis » qui , seul et sans témoins ,

Rêve toujours sous quelque ombrage?

Son troupeau ne foit plus le siget de ses soins;

Les loups ont l'humeur moins sauvage.

Dieux! que son chant me plaît !

CLYMÈNE

Dis plutôt son amour, n entretient nuit et jour Les échos de notre bocage,

ANNETTE

Oseraift-jeraimer? serait-ce point un mal? Hélas ! j'entends dire à nos mères Qo'aucun poison n'est plus fatal.

* nous ïïfoo» t àsDM un manuscrit du tempe , nne rehitton tâto par un témoin oculaire de la cérémonie des fiançailles et de celle du mariage du prince de CoqU avec mademoiseUe de Bourton. Tous deux se rendirent à quatre heures après midi 4au le cabinet du roi , à Versailles , le 28 Juin 1688. Leur contrat f fàt signé par le roi , le Dauphin, la Dauphine, Monsieur et Madame , le duc de Chartres , et toute la maison wfàït i sprès tootefob que le marquis de Seignelay , qui aTait la maison da roi dans son département , en eut bit lecture. Ensuite l'évèqoe d'Orléans, premier aumdnier du roi , fit la cérémonie des fiançailles... Le lendemain , à la messe du roi. ce prélat fit la céféroonie des épousailles... L'aprës-dlnée le prince de ConU reçut ses visites dans l'appartement de M. le prince ( de Coudé). Après le souper le roi descendit dans cet appartement , oti tout était magnifique; le Dauphin , la Dauphine, Monsieur. Madame, et toute la cour , suivirent le roi. On examina les toilettes et tous les présents de noce • La robe de chambre du prince était d'un

• brocart d'or mêlé de couleurs de feu et de vert I.e roi fit fl l'honneur à ce prince de lui donner sa chemise , et madame « la Dauphine la donna à madame la princesse de Conti. Après « que madame la princesse de Conti eut été mise au Ut , le roi fl 7 conduisit M. le prince de Conti. Le lendemain le roi et mat dame la Dauphine les allèrent vbiter dans le même lieu. I^ fl iour suivant ils se rendirent à Paris . à l'Mtei de Cooti, où fl Monseigneur (le Dauphin) les vint voir ce Jour-là. Il fut reçu, fl à la descente de son carrosse, par M. le prince ( de Condé ) , fl M.ieduc(fila du prince de Gondé), et M, le prince de Conti;

• «c 0 r «at ttu très^ieUe file. >

CLTMÈNE.

Elles n*ont pas été toujours aussi sévères : Rends-leur ces agréments qu'ont les jeunes bergères, Tu leur entendras dire aussi souvent qu'à moi : Le doux poison qu'Amour I Amour, il n'est qne toi

De plaisir sensible en la vie :

On ne blâme que par envie

Les cœurs qui vivent sous ta loi.

ANNETTE

Mais , Clymène , que veux-tu dire?

Toi-même tu voulais tout à l'heure bannir Les doux transports de ce martyre.

CLTMBNB.

Ah ! je n'y pensais plus ; tu m'en fais souvenir. J'entends le son d'une musette !

Sont-ce point nos amants , Annette ?

{Mis et lAHt paraUiHilL')

Lisis , à Clymène, Je confesse mon crime, et viens , plein de regret..-

CLTHÈNB.

Je vous veux apprendre un secret.

Ne vantez que l'objet qui foit votre.tendresse ;

Forcez vos amours d'avouer Qu'un amant n'a des yeux que pour voir sa maîtresse,

De l'esprit que pour la louer,

ANNETTE

H suivra tes conseils ; pardonne-lui , Clymène.

Si l'ami s'excuse aisément , n me semble qu'on doit avec bien moins de peine Pardonner à Tamant.

CLTMÂNB.

Ton ignorance me fait rire ; Pardonner à Tamanl I Annette , y penses^tnF Je vois bien qu'en effet Tamonr t'est inconnn.

Atis , prends soin de l'en instruire.

Nous nous âchons du mot d'amour :

Ce sont façons qu'il nous fiiut faire ;

Et cependant tout ce mystère

Dure au plus Tespace d'un jour.

Nous soupirons à notre tour ;

Un doux instinct nous le commande.

L'amant honteux fliit mal sa cour :

Nous ne donnons qu'à qui demande.

ATis.

Puisqu'on me le permet, je jure, par les yeux

De la bergère que j'adore ,

Qu'il n'est rien si beau sous les cieos ,

Ni la fraîche et riante Aurore ,

Ni la jeune et charmante Flore.

Elle n'a qu'un défaut , c'est d'être sans amour. Ah ! si je lui pouvais montrer ce qu'elle ignore , Nul berger plus heureux n'aurait pu voir le jour.

usis.

' Annette est belle ; qui le nie?

ŒUVRES DIVERSES

Mais Clymène emporte le prix ; Et moi j'emporte sar Atis Celui d'une ardeur infinie.

Je fiais languir , je sais brûler.

CLTMÈNB.

Sayez-vous le dissimuler?

usis.

Si je le sais, cruelle!

CLTMÈNE.

Il est vrai , votre peine Dura deux jours sans éclater.

Je n'osai d'abord m'en flatter :

N'étais^je pas bien inhumaine?

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