‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 626 sur 723 · BALLADE IX · texte numérisé non relu

BALLADE IX

sua LB UÈME 8UJBTQDB LA PBiCÉDBNTS.

Or est venu l'enfont si souhaité,

Voici son sort; j'en ai foit la figure *.

Premièrement , si j'ai bien supputé «

De cent printemps Tagréable peinture

Viendra pour lui rajeunir la nature.

Nombre d'Amours , pendant ses jeunes ans,

Lui serviront de premiers courtisans ;

Puis d'autres soins , troupe aux jeux ennemie ,

Lui filerontl l'envi le destin

De trois grands dieux directeurs de sa vie :

Ces trois dieux sont Mars , Amour, et Jupin.

Amour viendra le beau premier en danse.

Je vous le dis , belles , songez à vous ;

Mais que sert-il? royale adolescence

Pour tous les cœurs est un charme trop doux.

Tel accident n'est mort d'homme y oatre nous.

Pleurs et soupirs pourront en cette terre

Régner alors ; puis par une autre guerre

Ss passeront an climat du matin ;

Et ne se doit reposer la Victoire

Que , tous les Turcs faits Français à la fin ',

De trois grands dieux leur vaiaqueur n'ait la gloire:

Ces trois dieux sont Mars , Amour , et Japin.

Mars est entré le second dans la lice : Ce temps doit faire admirer un héros y Un rejeton du maître en Texerdce Qui fait les dieux ; car ce n'est le repos. Son petit-fils l'aura dans ses travaux Pour précqiteur à lancer le tonnem.

A bien régner , à conduire ime guerre , Au prix de lui , novices en cet art Sont réputés Alexandre et César.

Telles leçons finiront la carrière Du nouveau-né , qui , dans un long destin , De trois grands dieux fournira la matière : Ces trois dieux sont Mars , Amour , et Jupin.

* Les astrologues fignraleot le thème d\in toditida , c*esUdlre la situatlOD des étoOea au moment de sa naissance ; et ensuite Us ooi^ectnraient les diverses fortuoes de sa Tie future.

' Duquesne, après avoir d<jà canonoé et enfoooé les vaiiseaux tripoUtains Jusque dans le port de Sclo, se prépinit, lorsque la Fontaine écrivait cette ballade , à bomhard<>r Alger. ce qu'il fit avec la plus grande vigueur le SOaoÛt ffiS2. Voya Reboulet, Hiitoire du réQnedê UmU XIF, t U. p. 906. ln-4*.

BALLADKS.

ENVOI

A MOlfSBIGNSCJIl BT A MADAMB LA DAUPHIJIB.

Princesse aimable , et vous digne Dauphin , Vos qualités ont formé cet ouvrage , Triple chef-d'œuvre , enfent plus que divin , Qui de trois dieux fera voir Tassemblage : Ces trois dieux sont Mars , Amour, et Jupin.

BALLADE X

AU ROL

Roi vraiment roi (cela dit toutes choses ), Forcez encor quelques remparts flamands, Et puis la paix , jointe au retour des roses , Repeuplera Tunivers d'agrémenu.

Vous domptez tout , même les éléments , Tant vous savez à propos entreprendre.

Mars , chaque hiver, s'en revenait attendre A son foyer les zéphyrs paresseux ; D^antres leçons vous lui ûdtes apprendre : L'événement n'en peut être qu'heureux.

Entre vos mains tout devient imprenable ; Attaquez-vous, tout cède en peu de temps : n feut dix ans aux héros de la fable, A vous dix jours, quelquefois des instants. Le bruit que font vos exploits éclatante Perce les deux : l'Olympe les admire : Ses habitants protègent votre empire; Le del n'y met de bornes que vos vœux. Qu'y manque-t-il ? car vous n'avez qu'à dire, L'éYénement n'en peut être qu'heureux

Tel que l'on voit Jupiter, "dans Homère , Emporter seul tout le reste des dieux ; Tel , balançant l'Europe tout entière , Vous luttez seul contre cent envieux.

Je les compare à ces ambitieux Qui y monts sur monts, déclarèrent la guerre Aux immortels. Juptn , croulant la terre , Les abîma sous des rodiers afifîreux.

Ainsi que lui , prenez votre tonnerre : L'événement n'en peut être qu'heureux.

Vous n*êtes pas seulement estimable Parce grand art qui fint les conquérants :

Terrible aux mis , aux antres tout aimable » Des Sdpions vous remplissez les rangs.

Auguste et Jule , en vertub différents, Vous feront place entre eux deux dans l'histoiie. Vos premiers pas, courant à la victoire , Ont tout soumis ; et ce cœur généreux Dans les derniers affecte une autre gloire : L'événement n'en peut être qu'heureux.

ENVOL

Ce doux penser, depuis un mois ou deux , Console un peu mes muses inquiètes \ Quelques esprits * ont blâmé certûns jeux , Certains rédts , qui ne sont que sornettes. Si je défère aux leçons qu'ils m'ont faites, Que veut-on plus ? Soyez moins rigoureux, Plus indulgent, plus favorable qu'eux; Prince , en un mot , soyez ce que vous êtes , L'événement ne peut m'être qu'heureux.

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