‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 634 sur 723 · IV. — POUR M'-wCOLLETETS · texte numérisé non relu

IV. — POUR M'-wCOLLETETS

SUR SON POBTRAn PEINT PAR SÈVE.

m. — BOUTS-RIMÉS,

SERVANT DE RÉPONSE A UN AUTRE SONNET EN BOUTS-RIMES DU SIEUR FURBTIÈRE'.

Te mettre à Saint-Lazare est acte de justice ; J'en veux foire un placet à notre protecteur. Apollon ne lit point le tien qu'il ne vomisse , Et ne connaît en toi qu'un calomniateur.

n semble à tes discours que chacun t'applaudisse ; Et toujours , du bon sens cruel persécuteur, Ta veux parler de mots , et confonds l'artifice Avec Tan : cette faute est crime en un auteur.

Ne t'imagine pas qu'on la laisse impunie : Maïs l'insolence suit en toi la calomnie ; N'en est-ce pas un trait que de blâmer le roi?

To contrôles ses dons , homme plein d^impudence; Ma foi y l'Académie est plus sage que toi. Apprends d'elle è parler, ou garde le silence'.

* Anioliie Furetière, né en 4690 , reçu membre de TAcadémie fFUçabele 15 mai 1662, mourut à Paris le 14 mal 16SS, à l'âge de •oizante-buit ans. Il avait été l'ami de Boileau , de Racine, et de la Fontaine ; maia il te brouilla arec eux, et avec tout ses OQolirères, pour la malheureuse afËdre du dictioDnatre, dont nous avons Eiit le récit dans YHUtoire delavieeldes ouvrages dt Jean de la Fontaine, troisième édition, 1824, p. 415 è 421. La Fontaine . impatienté des injures de Furetière, fit contre lui one épigramme , que l'on trouvera ci-après. Furetière répliqua IMr trois ou quatre autres épigrammes. Bofèr ayant écrit en- Miite un sonnet adressé au chancelier, dirigé contre Furetière . cdui-d répondit par tm autre sonnet , non-seulement se terminant par les mêmes rimes, mais par les mêmes mots, et adressé ao chancelier , plein de fiel et d'ii^ures. C'est pour répliquer à ceioonet de Furetière que la Fontaioe a composé ce sonnet, qui se termine aussi par les mêmes mots que ceux de Furetière et de Bcjer.Yùfeiie Nouveau recueil des factums du procès entre défunt Vabbé Furetière, Vun des quarante de V Académie française , et quelques-uns des autres membres de ladite Jeadémàe, 1694, ln-12, t II. intitulé ^es Preuves par écrit , etc., p. 544-547. et p. 55^68.

* Boyer, pariant de l'Académie, avait terminé son sonnet adressé au chancelier par ces quatre vers :

Noos eooiicroDf oot voltfè la gloire da roL

SI Dobv releniw enhardit l'impodeoce, Le mérite et Pboonear m reposaat nir lof. Orads de Thémla venge B«kr« tllence.

Sève ', qui peins l'objet dont mon cœur suit la lot , Son pouvoir sans ton art assez loin peut s'étendre ; Laisse en paix l'univers; ne lui va point apprendre Ce qu'il fout ignorer, si l'on veut être à soi.

Aussi bien manque-t-il ici je ne sais quoi Que tu ne peux tracer, ni moi te faire entendre : J'en conserve les tnits, qui n'ont rien que de tendre ; Amour les a formés , plus grand peintre que toi.

Par d'inutiles soins pour moi tu te surpasses ; Clarice est en mon âme avec toutes ses grâces ; Je m'en fois des tableaux où tu n'as point de part.

Pour me foire sans cesse adorer cette belle,

Il notait pas besoin des efforts de ton art ;

Mon cœur, sans ce portrait, se souvient assez d'elle *.

Furetière a?ait terminé sa réponse par ceux-ci :

Leurs penalons font tort k la gloire da roi.

1! lear fiant pour répondre un eicèa d'impadeeee; Hall tout dégalMmeot disparaît devant toi. Crade de Tbémto, excuse leur silence.

C'est à ces quatre Ters que la Fontahie réplique dans les quatre derniers de sou sonnet,

* La Fontaine a mis en tête à mademoiselle C, quoique ce sonnet soit adressé k la femme de Colletet . parce qu'on ne donnait aux femmes mariées non nobles que le titre de mademoiselle.

I Gilbert de Sève, pebitre, né à Moulins , mort en I60S . à quatre-Tingt-trois ans, a fait quelques tableaux pour les églises de Paris et de Ven^illes. On trouve dans le CaHnet des Muses choisies, 166S , p. 304 et 310, un madrigal de Claudine Colletet à Sève , au sqjet du portrait qu'U avait fait d'eUe . pour le féliciter sur la ressemblance ; ensuite est une réponse du peintre. Ces deux pièces sont suivies du madrigal d'un anonyme sur le portrait de mademoiseUe Claudine. Voyei notre édition de IS23 , tome VI, p. 272.

> Guillaume Colletet avait épousé sa servante , nommée Claudine. Il composa pour elle des vers, qu'elle récitait à table avec assez d'agrément, et dont on croyait qu'elle était l'auteur. Beaucoup de beaux esprits du temps furent dupes de cette ruse ; ils célébrèrent cette nouvelle muse. La Fontaine Ait an nombre des dupes. On doit lire la letlre qui se trouve ci^près, qu'il écrivit à on de ses amis, au si^etde cette mystification dont il avait été l'objet, en lui envoyant ce sonnet, les madrigaux, et les stances qu'il avait composés sur Claudine. Voyez, pour plus d'éclaircissements, l'Histoire de la vie et des ouoragu de ta Fontaine, troisième édition, p. 30 à 43.

ŒUVRES DIVERSES

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