‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 678 sur 723 · H. — AU MEME · texte numérisé non relu

H. — AU MEME

ChaAry (Château-Thierry), ce 29 féfrier 1686.

Monsieur mon oncle ,

J'ai reçu vos deux lettres , la première à Reims , la seconde de Jeanne Brayer, et vous remercie de la grâce que vous nous faites, à mon père et à moi^ Il prendra 4,500 liv. sur l'argent qu'on vous portera * ; le reste de ce qu'il doit en principal, qui est environ 500 liv. et un peu moins d'une année d'arrérages , il vous le fera tenir par la première commodité , qui sera, comme je crois , devant la quinzaine. J'écris à ma sœur , qui a aussi dessein de rembourser sa part , de vous entretenir là-dessus. Vous vous ferez subroger en la place de celui à qui on doit , ou bien mon père remboursera et vous fera une nouvelle constitution, comme vous le jugerez à propos, pour le moins de frais et le plus de sûreté pour vous et pour nous. Celui qui a acheté le bien de Chàtillon vous portera 3,000 éciis b première semaine de carême. Je pourvoirai aux moyens de vous faire tenir le reste ; et cependant je demeurerai , après avoir fait mes très-humbles baisemains à mademoiselle Jannart ' ^

MONSIEUR MON ONCLE

Votre tré^-humble et très-oMIasant senritear et neveu , DE LA FONTAINE.

P. S. J'ai écrit au sieur Castel de vous aller trouver, et vous supplier d'accommoder notre affaire. Ma belle-mère lui doit six cent vingt livres. Il ne faut premièrement pointqu'il parle des frais ; et, quant au principal , je lui donnerai volontiers 400 fr. II sera tout heureux de les prendre : car il aura de la peine assez à se faire payer ; et ma belle-mère m'a dit qu'il ne lui en était pas tant dû légitimement.

J'ai compté depuis peu avec M. Bellenger' de quelques dettes de ma belle-mère ; mais je n'ai pas jugé qu'il soit de la bienséance de lui

* On voit par là que Jannart accepta les propositions qui lui étaient fidtes par la Fontaine . et prêta son argent oomme celuici le désirait

* Muie Hériciit , femme de Januart , et tante de madame de la Footahie.

> Antoine Josse , dit le chevalier de Bitssay . avait étXHiaé une Belienger.

parler de 12 ëcus d'argent dont j'ai compte avec vous, et qae vous me baillâtes pour les affaires de M. de Bressay. J*en donnai 4 à M. VabeiUeten rendis 8 à M. de Bressay ^ Ainsi c'est à moi qu'on les doit : vous leur en ferez, s'il vous plaît , souvenir ; autrement Je les perdrais. Ce n'est pas que je les redemande , c'est seulement afin que la mémoire n'en soit pas abolie : je ne sais si c'est au beau-père ou au gendre d'acquitter cela. Les écus d'argent valaient lors 12 sous.

Si je n'avais peur de donner atteinte à la neutralité que vous avez promise, je vous écrirais un mot en faveur de M. de la Haye^, quand ce ne serait que pour apprendre à messieurs du présidiat ce que c'est qu'Aleajudictorum ; et que M. le lieutenant, qui veut foire passer ses raisons pour des démonstrations mathématiques, n'est pas du tout si savant qu'Archimède. Je suis son serviteur ; mais j'incline pour le prévôt aussi bien que tous les honnêtes gens de Château-Thierry ».

ŒUVRES DIVERSES

b dernière. J'essaierai de mériter cette bonne volonté par mes services, étant,

UONSIEUR IlOIf ONGLE, CtC.

m. -"AU MÊME

A Ghaûry (Château-Thierry), ceSJanYler f65B.

Monsieur mon ongle.

Je vous envoie le papier que M. de Bressay^ m'a donné suivant votre lettre , et crois que M. Visinier* vous le portera lui-même pour plus d'assurance. Nous vous avons beaucoup d'obligation de ce que vous voulez bien donner la somme que je vous ai prié de donner à M. de Villemontée : ce n'est pas la première fois que vous m'avez témoigné la bonne volonté que vous avez pour moi ; et je vois bien , d'après les termes de votre lettre, que ce ne sera pas

< Jotie de Bressay , son cousin par les femmes.

» Toyex ci-après une lettre écrite par notre poète à hi du< cfaesse de Bouillon. enic74. où fl est fait mention de M. de ta Baye. H parait qu'il était un des officiers du duc de Bouillon.

» VAi. Il y a de Chaûi-y dans roriginal. Ce mot est J'aM- Tiation de Chdtea u- Thierry.

* Jean Josse , sieur de Bressay.

•Nicoiasde Visinicr . vétéran des gardes du corps, était un habitant de Château-Thierry. C'est dans sa maison qu'a été conclu facte de vente en date du 2 janvier 1676 . faite par ta Fontaine à Mntret. de sa maison , rue des CordeUen.

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