L — A M. JANNART
A Reims, ce lundi 14 février 1696.
Monsieur mon oncle ,
J'ai enfin vendu ma ferme de Damar, moyennant 19,m Iiv.,à mon beau-frère*; c'est-à-
* Fraoooisde b Fayette , abbé de Dalon , qui était onde du mari de madame de la Fayette. U avait été nommé évéqne en 1627 . et mourut le 3 mai 1676 . k l'âge de quatrc-Tlngt-six ans. Voyes le Gallia Chnstiana . 1720, in-lbl., t II, p. 541-543.
* Beaucoop de femmes du commun.
* U y a mi Saint-Mémin dans le département de TAube, on en Champagne, près de Méry-sur-Seine; un autre dans le département de la Gôte-d'Or, près de Vitteani. Mais ni Tmi ni l'antre de ces cantons ne produisent de vins muscats ; et les antres Saint-Mémin qui se trouYent en France sont dans des profinces peu renommées par leur vin. Il est probable que U Fontaine, qui était Cliampenois , fait ici allusion au Salnt- Mémln de Champagne ; et le mot muteat est pris au ligure pour signifier un vin exquis.
< Louis Héricart , qui remplaça son père dans ia cliarge de
dire qu'il a fait échange avec mot de son bien de GhÂtillon , qu'il a promis par uo acte sépare de me faire valoir iO,G0O liv. , m*a baillé 214liv., m*a fait une promesse, payable dans trois mois, de i,500 liv.; et du surplus, montant à 7,000, il m'a (ait constitution. Ainsi il afella que j'aie vendu le bien de Cbâtillon, cequi nous a foit une difficulté ; car celui qui l'a acheté a dit qu'il voulait que quelqu'un s'obligeât à h garantie et entretènement de la vendition ' qoe je lui faisais, jusqu'à ce que mademoiselle de La Fontaine^ eût l'âge et eût ratifié. J'en ai parié à M. Héricart, mon beau-frère, qui s'en est excusé, et a dit que, s'il intervenait à ladite veodition, l'échange paraîtrait simulé, et queœh lui ferait tort pour les lods et ventes. J*ai cra qu'il voulait peut-être laisser cet obsiade, aSo de se dédire ; et, ayant reçu depuis peu une lettre de H. Faur, où je ne trouvais pas mon compte à beaucoup près, j'ai cru qu'il fallait achever l'affaire à quelque prix que ce fût'... Au marchand qui vous portera 5,000 écos, et vousdemandera votre garantie, s'il eût voulu de celle de H. de Villemontée ^ et de ma sœur, je ne vous aurais pas importuné de cda ; mais fl a dit qu'il ne les connaissait pas. Pour mon père, il en voulait bien : mais je ne romps jamais la tète à mon père de mes afiiaires. Je dirai à M. Bellenger ' et à mon beau-frère que jeToos fais toucher l'argent de ladite vendition poor votre sûreté, en attendant que je vous aie fait
lieutenant ciYtt et cvixnioel de la Ferté-Miloii. Il époofl. k 15 norembre 4643, Catherâie BeUenger.
* Le mot vendition , seloaflicot . signifie on oonini de voile bit Bons la condition que le vendeur ne s'oblige qo'i rendre k prix de la vente, en cas d'éviction. Voyex Thrétordilal» gm françoyte , 4606 , p. 8SS.
* Il s'agit ici de la femme de h Fontaine. U imioni^ d> tait alors acquise qu'à l'âge de Tingt-clnq ans. ndame de h Fontaine, en Itil supposant vingtqoatre ans ai (696. i *> naître en 4632; et à la fin de 4647, époque de son mirur • <^ n'avait pas encore seiie ans révolus.
> Il manque ici une partie de la lettre.
4 M. de VUlemontée avait épousé lasœurde ]aFoiil>iDe.U famOle de VlUemontée jouissait de beaucoup de conâdéntii» On voit un M. de VUlemontée oonseiner d'étal, intB^<^ la Justice de Poitou, Sahitonge et Angonmois,qiielec»v de Ricbelleu estimait beaucoup. Il ftit chargé en (40 de {«>- 6er les différends qui s'étaient élevés entre le doc à'ffat»^ M. de Sourdis, archevêque de Bordeaux. Voyez IBi^xir*^ due d'Épemon, par Giraid; Paris. I6S5, to-k^ i^ cùmmuniquée par M, ˧onmerqué, )
> Probablement le beao-pére du beau-frére do U FouW^ • ou de Louis Héricart, qui avatt époosé om BeUeogrr.
LETTRES A DIVERS
bttUer une indemoité de voire garantie par M. de VilIemoDlëe mon beau-frère, ou bien par qui il vous plaira ; et cela sera bien de la sorte. Je vous prie aussi , si on vous en écrit» de mander la même chose.
Quand vous aurez Fargent en vos mains, mon père vous prie de lui en prêter 4,300 liv. pour racheter partie d'une rente qu'il doit oonjoîntementavec ma sœur aux héritiers de M. Pidoux '; moyennant quoi il sera déchargé de la garantie. Du reste, ma sœur vous en entretiendra £ vous voulez, et vous ne sauriez mieux faire valoir votre argent. Premièrement je me contenterai de Imlérêt sûr, et tant moins d'autant de la pension que voussavez; et puis après la mort de mon père je vous rembourserai infailliblement , et vous donnerai ensuite une partie considérable de ce qui me restera , aux conditions que je vous ai dites.
Je vous écris de Reims, où je suis chez HM.de Maucroix, attendant votre réponse s^r tous ces points. Le messager qui vous porte celle-ci part aujourd'hui lundi : vous pourrez , si vous en voulez prendre la peine, me récrire mercredi ; il ne faut que demander le messager de Reims, sur le pont Notre-Dame , ou écrire par la poste de Champagne, et adresser les lettresAJIf.de la Fmitaine,chezM, deMaucrotx^ chanoine à Reims. Le plus tôt sera le meilleur: car le marchand de Châlons attend votre réponse pour vous porter l'argent. La copie de l'obligation que je vous envoie est de la main de H. de Maucroix , à cause que le messager me pressait. Je vous prie très-humblement de me faire réponse au plus tôt , et suis ,
MONSIEUR MON ONCLE
Votre, etc., OB LA PONTAINB.
* Cett0 renie ne (bt pat remboarsée, et on la tioafe iur l'é^ tat des dettes de la soooeasioa de Charles de la Fontaine, père de notre poSte , lia saile d'un acte en date dn 90 mars 1670 , entre la Fontaine , sa iemme. et Glande de la Fontaine, «on frère. Le principal de cette rente était de 4,IMN) livres. Voyei vâisUdre de la vie et dêê oworagti de la Fontaine , troisième éditioo,l04»p.58.