‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 68 sur 723 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

Mt on antre potBOD peo diflërent da sien s Une déesse dil toat ce qu'elle a dans TAme :

Gelle-d dédara sa flamme, riysse élak trop fin pom-ne pas profiter

D'une pareille conjoncture :

Il obtint qu'on rendrait à ses ' Grecs leur figure, liais la voudront-ils bien , dit la nymphe, accepter? Allez le proposer de ce pas à la troupe. Ulysse y court , et dit : Ûempoisonneuse coupe A son remède encore; et je viens vous Toffrir : Cbers amis , voulez-vous honunes redevenir ?

On vous rend déjà la parole.

Le lion dit, pensant rugir :

Je n'ai pas la tête si folle ; Moi renoncer vax dons qne je viens d'acquérir ! J'ai griffe et dents, et mets en pièces qui m'attaque. Je sois roi : deviendrai-je un citadin d'Ithaque ! Ta me rendras peut-être encor simple soldat :

Je ne veux point changer d'état.

Ulysse du lion court à Tours : Eh ! mon firère , Comme te vuiià foit ! je t'ai vu si joli I

Ah ! vraiment nous y voici ,

Reprit l'onrs â sa manière :

Comme me voilà faitl comme doit être un ours. Qui t'a dit qu'une fmne est plus belle qu'une autre ?

Est-ce à la tienne à juger de la nôtre ? Je me rapporte ' aux yeux d'une ourse mes amours. Te dépUis-je ? va-t*en; suis ta route, et me laisse. Je ris libre, content, sans nul soin qui me presse ;

Et te dis tout net et tout plat :

Je ne veux point changer dïtat.

Le prince grec au loup va proposer TafTaire ; Jl lui dit , au hasard d'un semblable refus :

Camarade, je suis confus

Qu'une jeune et belle bergère Conte aux échos les appétits gloutons

Qui t'ont fait manger ses moutons.

AutrelMs on t'eût vu sauver sa bergerie :

Tu menais une honnête vie.

Quitte ces bois , et redevien ^,

Au lien de loup, homme de bien.

En est-U ? dit le loup : pour moi, je n'en vois guère. Tu Ven viens me traiter de bête carnassière ; Toi qui paries, qu'es-tu? N'auriez-vous pas,sans moi^ Mangé ces animanx que plaint tout le village ?

^1 j'étais homme , par ta foi ,

■ L'amoor. qnl produit le même eftet que le pobon dont asiit Cfacé . paiH|a*U bit penlre aiusl la raison.

* Vam. Dans rédition originale on Ut à eei; mais Je crob fa'oo doit oonridéier cette ▼niante comme nne l^ute d'im-

* Je me rapporte : locntioo dn temps. C*ert amri dans les é£tioQi oriKinales.

4 Pour redericDs. L'a est retranché par licence poétlqne , et pour h rine. Badne en a usé de même, Phèdre , acte II, se. iTt

Aunerais-je moins le carnage ?

Pour un mot quelquefois vous vous étranglez tous : Ne vous êtes-vous pas l'un à l'antre des loups ? Tout bien considéré , je te soutiens en somme

Que, scélérat pour scélérat,

Il vaut mieux être un loup qu'un homme ;

Je ne veux point changer d'état.

Ulysse fll à tous une même semonce

Chacun d'eux fit même réponse % .

Autant le grand que le petit.

La liberté , les bois , suivre leur appétit ,

C'était * leurs délices suprêmes; Tous renonçaient au lôs ' des belles actions. Ils croyaient s'afifranchir suivants leurs passions ,

Ils étaient esclaves d'eux-mêmes.

Prince , j'aurais voulu vous choisir un sujet Où je pusse mêler le pUdsant à Tutile ;

C'était sans doute un beau projet

Si ce choix eût été facile.

Les compagnons d'Ulysse enfin se sont offerts ; Ils ont force pareils en ce bas univers ,

Gens à qui j'impose pour peine

Votre censure et votre haine.

FABLE II

Le Chai et lei deux Moineaux.

A UONSEIGIfECR LE DUC DB BOURGOGNE.

Un chat , contemporain d'un fort jeune moineaui Fut logé [NTès de lui dès Fâge du berceau : La cage et le panier avaient mêmes pénates; Le chat était souvent agacé par Toiseau : L'un s'escrimait do bec , l'autre jouait des pattes. Ce dernier toutefois épargnait son ami ,

Ne le corrigeant qu'à demi :

11 se fût fait un grand scrupule

D'armer de pointes sa férule.

Le passereau , moins ch*con$pec ^,

« VAi. La Fontaine a écrit réponce pour rimer aux ycui comme aux oreilles , et par Uoence poétitine.

> Via. CdaUni, dans beaucoup d'éditions modernes, mafi non pas dans les éditions de Didot et de Uonlenault , in-folio , ni dans celle de Baitou , in-12. Un des commeotatrurs de notre poCte a cru qu'ici le verbe au sin'sulier était une faute d'impres* sion. La règle , qui veut que le verbe pnMdé de plusieurs st^ett qui s'y rapportent soit mis au pluriel, n'était pas clairement étublic du temps de la Fontaine.

> Louange , du mot latin laus, Ménege regrettait que ce mot eût vieilli, et désirait qu'on le remit en honneur. Il n'a lias tenu k notre poêle qu'fl n'en fût ainsi i car U s'en est servi pin* sieurs fois.

4 Vil. Circonspect, dans les éditions modernes, et même dans les exemplaires réimprimés de l'édition de 1684; Mais h Fontaine , par licence poétique et pour la rime, a eu soin da retrancher le t dans Tédltion originale.

iU

FABLES

Loi donnait tavo coopB ds b6e»

En sage et discrèle penoone ,

Maître chat ezcotait ces jeu s 'Entre amia , il ne fiiot jamaJa qo*on t'àlNnidoane

Aux traits d'an ooonwix sérieaz. [âge ,

Gomme ils se connaissaient tons deox dès leur bas Une longae habitade en paix les maintenait ; Jamais en vrai combat le jea ne se tournait :

Quand un moineau dn voisinage S'en Tint les YÎsiter, et se fit compagnon Dn pétulant Pierrot et du sage Raton.

Entre les deux oiseaux il arriva cpierelle;

Et Raton de prendre parti.

Getinoonnu, dit-il, noosla vient donner belle,

D'insulter ainsi notre ami 1 Le moineau du voisin viendra manger le nôtre I Non, de par tous les chats 1 Entrant Ion au combat, n croque l'étranger. Vraiment , dit maître cbat , Les moineaui; ont un goût exquis et délicat I Cette réflexion fit aussi croquer Tautre.

Quelle morale pub ge inférer de ce fait? Sans cela , toute fable est un œuvre imparfait. J'en crois voir quelques traits; mais leur ombre m'a- Prince , vous les aurez incontinent tixHivés : [buse. Ce sont desjeux pour voas,et non point pour ma muse: Elle et ses sœurs n'ont pas Tesprit que vous avez.

FABLE IlL

D» TkésamHêiur H iu Stngê.

Un homme accumulait. On sait que cette erreur

Va souvent jusqu'à la fureur.

Cdui-ci ne songeait que ducats et pistoles. Quand ces biens sont obiCs , je tiens qu'ils sont (n-

Pour sûreté de son trésor, [voles.

Notre avare habitait un lieu dont Amphitrite Défendait aux voleurs de toutes parts Tabord. LA , d'iule volupté selon moi fort petite , Et selon lui fort grande, il entassait toujours :

n passait les nuits et les joura A compter, calculer, supputer sans relâche , Calculant, soppuUnt , comptant comme à la tâche ; GariltvoQvait toujours du mécompte A son fiut. ' Un gros singe, plus sage, à mon sens, que son maître, Jetait quelque doublon * toujours par la 'fenêtre ,

Et rendait le ccitoiple imparfait :

La cliambre , bien cadenassée , Permettait de laisser Targent sur le comptoir. Un beau jour dom Bertrand se mit dans la pensée D*en fiiire un sacrifice au liquide manoir.

< Via. Quelques douMùn» m pturlèl, dm lei édiUûot * pontaâm en eela ft celle àt f 6S4.

Quant à moi , lorsque je compare Les plaisin de ce singe â ceux de cet avare , Je ne sais bonnement auxquels ^ donner le prix : Dom Bertrand gagnerait près de certains esprits ; Les raisons en seraient trop longues â déduire. Un jonrdonc ranimal,qiil ne songaitqu'â nuîN, Détachait dn monceau , tantdtqnet4{ue doublon.

Un jao^Mis , un ducaton ,

Et puis quelque noUe â la rose " ; Éprowait son adresse et sa fbrce A jeter Cesmoreeanx de métal , qui se font souhaiter

Par les humains sur toute chooe.

S'il n'avait entendu son compteur A la An

Mettre la def dans la serrure, Les ducats auraient tous pris le même chemin ,

Et couru la même aventure; Il les aurait fait tous voler jusqu'au dender Dans le gouffre enridii par maint et maint nanfkige.

Dieu veuille préserver maint et maint financier Qui n*en fait pas méilleor usage!

FABLE IV

L$$ deux Ckèvnt,

Dès que les chèvres ont brouté , Certain esprit 4e liberté Leur fait chercher fortune : elles vont en voyage Vers les endroits du pâtiurage Les moins fréquentés des humains :

LA , s'il est quelque lieu sans route et sanschcmios^ Un rocher, quelque mont pendant en précipices, C*est où ces dames vont promener leurs caprices. Rien ne peut arrêter cet animal grimpant. Deux chèvres donc s'émandpant , Toutes deux ayant patte blanche , Quittèrent les bas prés , chacune de sa part : L'une vers l'autre allait pour quelque bon hasaid. Un ruisseau se rencontre, et pour .pont une planche. Deux belettes A peine auraient passé de firoat

Sur ce pont :

D'ailleurs , l'onde rapide et le ruisseau profond Devaient fiiire trembler de peur ces amazones. Malgré tant de dangers , Tune de ces personnes

> Vab. Tonlet let éditloiu moderaet ont toMitné i tort le mot auquêi à auxqueli . que porte l'édlUoD originale.

s Le dueal0u était une aioiiiiaied*aiteat valant on pen phM d'un écu. 1^ noble à la rote et Itjaeobus étaient dent monnaiea d'or d'Angleterre . la première équivalait A b guio^. ^ dernière valant environ un arpUène de plu. U eilrtait enoon beaucoup de oei monnaleadu temps de Louto X|V. elleur valeur comparaUve était réglée par nne ^■rfimnMWT du roi. Vojei VÉvatuoiion al Uwifdes espèces d'orstd'arçêiU, M et arrêté le deuikne de mai 187!». Bouea» In-r dequlorN

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