‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 680 sur 723 · V. — AU MÊME · texte numérisé non relu

V. — AU MÊME

A Ghaûry ( Château-Thierry ), oe 26 mai MSI.

Monsieur mon oncle, Vous ne recevrez point encore par cet oitDnaire la lettre de mon père ; il est toujours malade, et a été saigné encore une fois. Ce n'est pourtant pas chose fort dangereuse ". Dès qu'il sera en meilleur état, il ne manquera pas de vous écrire touchant l'afiairede ma sœur, qui/ vous prie d'achever au plus tôt , si vos affiures vous le permettent.

«Cest4-dire madame de la Fontaine, sa femme.

'Cependant Charles de la Fontaine, père de notre poCk. mourat peu de Joun après. On en parie comme d'an dtftatt dans une transaction passée entre Jean et ClaodeC de la Foo- Uine ) , devant Bélier . notaire k Château-Thieny, le mercndi 24 avril 1688. ( Hfolt communiquée à VédiUur par JT. Jibam^rqué, )

LETTRES A DIVERS

Je vous écrivis au long, mardi dernier, ton* chant votre ferme des Aulnes-BoutUanU; par œllé-ci vous trouverez bon que je fesse le solliciieur, et vous recommande une affaire où madame dePont-de-Bourg a intérêt. Jen'ai pas l'honneur d*étre connu d'elle ; mais quantité de personnes de mérite prennent part à ses intérêts. Je suis prié de vous en écrire de si bonne part, qu il a follu malgré moi vous être importun , si c'est vous être importun que de vous solliciter pour une dame de qualité qui a une l>arfoitement belle fille ^ J'ai vu le temps que vous vous laissiez toucher à ces choses , et ce temps n'est pas éloigné: c'est pourquoi j'espère que vous interpréterez les lois en foveur de madame de Pont-de-Bourg. Vous en aurez des remerciments de l'académie ' ; mais je les compte' pour rien , en comparaison de ceux que vous fera cette belle fille , dont la beauté doit être fort éloquente de la façon qu'on me l'a dépeinte.

J'irai à Paris devant la fin du carême, et peut-être devant la fin de la semaine où nous allons entrer : ce sera pour aviser avec vous au moyen de terminer notre affaire. Mademoiselle de la Fontaine m'en presse : ce n'est pas qu'elle soit plus mal qu'elle était il y a six mois; mais il est bon d'assurer la chose au plus tôt. J'y ai un intérêt trop grand pour la laisser plus longtemps au hasard , outre que mademoiselle de la Fontaine ne veut pas faire à Paris un long séjour, et sera bien aise de trouver les affaires toutes disposées. Avec votre permission,

* Oq lit dans In numutcrits de Coorart, t. IX . p. 1238 . di- Ten dicToos sur difléreota pe noonei , à oommenoer par le roi et la rriiie. H t'en trouve ua appliqué k mademoiielle de Pontde-Bourg : « Serre la inain , et db que Cu ne Uf na rien. >

> Ceci Tait allusion à une réunion de beaux esprits qui avait liru à Chàlean-Thierry, et qui s'intitulait Vaeadémie. Les femmes n'tn étalent point exclues ; et cette académie s'était probablement formée sous les auspices de la duchesse de Bouillon. Racine, dans une lettre écrite à notre poète, et datée du 16 Juillet 1663, lui dit : • Benvoyez-moi cette bagatelle des

■ Biiins dé Vénuêt et mandei ce qu'en pense votre académie

■ de Chitean-Thierry , surtout madienlOi^elle de la Fontaine. > {Œuvre* de Hadne, édition de Lefèvre, 1120, in^». t VI. p. 130.)

" La Fontaine a écrit conte pour compte . ce qui n'était pas une tante alors. A l'appui des preuves que j'ai données ci-deasus , p. 833, note 4 , J'i^terai on exemple remarquable que me fournit la relation officielle de l'entrée du roi et de la reine le 26 août 1660, imprimée par Petit, imprimeur du roi, et par ordre de la ville de Paris. 1662, in-folios à la page 17 . on y trouve cet intitulé . en grosses capitales : cbabnii dis cortes.

mademoiselleJannart aura pour agréables mes très-humbles baisemains.

Je suiSy

MONSIEUR MON ONCLE

Votre très-hnmble et trê»-obéissant aerviteur.OB LA FONTAINE.

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