A MADEMOISELLE DE CHAMPMESLÉ
Cbâteau-Thlerry. ce jeudi la ISTa»
Je suis à Chaûry 'y mademoiselle; jugez si ja dois penser à vous, moi qui ne vous oublierais point au milieu de la plus brillante cour. M. Ra« cine avait promis de m'ccrire : pourquoi ne Ta-t-il pas fiiit ? n aurait sans doute parlé de vous y n'aimant rien tant que votre charmante personne: c'aurait été le plus grand soulagement à la peine que f éprouve à ne plus vous voir. S'il savait que j'ai suivi en partie les oodseils qu'il m'a donnés , sans cesser pourtant d'être fidèle à la paresse et au sommeil , il aurait peut«étre par reconnaissance mandé de vos nouvelles et des siennes: mais véritablement je l'excuse; aussi bien les agréments de votre société remplissent tellement les cœurs, que toutes les autres impressions s'affiaiblissent
Que vous aviez raison, mademoiselle, dédire qu'ennui galoperait avec moi devant que j*aie perdu de vue les clochers du grand village' ! c'est chose si vraie, que je suis présentement
Hiierry. Ce ftit lui qui joua le savetiar dans les iNsurads 0mv Mehard, Voyei p. ttS et SSa.
• Sur mademulselle de Champuieslé* voyea VffUtcirt de la via et des owsragtê de Jean de la Fou/ulua, troîsÉèUM édition, laM. in-a«. p.UB ft 961 . et vmsioiré dm Théâtre froÊk' fttit, par les frères Parbict, t. XIV.
• Abréviation du nom de Cbâiean-Ttiierfy » eoeora ca ass^a aulounThoi dan» cette vfUe.
• Las ciocfaers de Paria.
d'une mélancolie qui ne pourra , je le sens, se dissiper qu à mon retour à Paris.
A guérir no atrabilaire.
Oui , Cbaaipmeslé nura iniegx teire Que de Fagoo * tout le talent; Pour moi , j'cwe affirmer d'avaooe Qu'un lenl instant de n préienoe Peot me guérir ineontinent.
Bois, champs, ruisseaux, et nymphes des prés, me^ touchent plus guère , depuis qu'avez encbainé le bonheur près de vous; aussi compléje partir bientôt. Toutefois je m'occupe si peu de mes affaires, que je ne sais quand elles finiront. C'est chose de dégoût que compte ', vente, arrérages ; parler votre langage est mieux mon fait : mais n'allez pas imaginer que je prétende parler si bien que vous ; c'est chose impossible, et que ne tenterai de ma vie.
Voudrez- vous engager M. Racine à m'écrire? vous ferez œuvre pie, j'en réponds. J'espère qu'il me parlera de vos triomphes ; en quoi je suis d'autant persuadé que la matière ne lui manquera pas. Je me flatte qu'il m'écrira aussi que vous pensez à moi, assurant que ce me sera la nouvelle la plus agréable à apprendre, et que jamais ne trouverez de serviteur plus fidèle ni plus dévoué que
DB LA TONTAINB.