‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 692 sur 723 · A MADEMOISELLE DE CHAMPMESLÉ · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE CHAMPMESLÉ

Cbâteau-Thlerry. ce jeudi la ISTa»

Je suis à Chaûry 'y mademoiselle; jugez si ja dois penser à vous, moi qui ne vous oublierais point au milieu de la plus brillante cour. M. Ra« cine avait promis de m'ccrire : pourquoi ne Ta-t-il pas fiiit ? n aurait sans doute parlé de vous y n'aimant rien tant que votre charmante personne: c'aurait été le plus grand soulagement à la peine que f éprouve à ne plus vous voir. S'il savait que j'ai suivi en partie les oodseils qu'il m'a donnés , sans cesser pourtant d'être fidèle à la paresse et au sommeil , il aurait peut«étre par reconnaissance mandé de vos nouvelles et des siennes: mais véritablement je l'excuse; aussi bien les agréments de votre société remplissent tellement les cœurs, que toutes les autres impressions s'affiaiblissent

Que vous aviez raison, mademoiselle, dédire qu'ennui galoperait avec moi devant que j*aie perdu de vue les clochers du grand village' ! c'est chose si vraie, que je suis présentement

Hiierry. Ce ftit lui qui joua le savetiar dans les iNsurads 0mv Mehard, Voyei p. ttS et SSa.

• Sur mademulselle de Champuieslé* voyea VffUtcirt de la via et des owsragtê de Jean de la Fou/ulua, troîsÉèUM édition, laM. in-a«. p.UB ft 961 . et vmsioiré dm Théâtre froÊk' fttit, par les frères Parbict, t. XIV.

• Abréviation du nom de Cbâiean-Ttiierfy » eoeora ca ass^a aulounThoi dan» cette vfUe.

• Las ciocfaers de Paria.

d'une mélancolie qui ne pourra , je le sens, se dissiper qu à mon retour à Paris.

A guérir no atrabilaire.

Oui , Cbaaipmeslé nura iniegx teire Que de Fagoo * tout le talent; Pour moi , j'cwe affirmer d'avaooe Qu'un lenl instant de n préienoe Peot me guérir ineontinent.

Bois, champs, ruisseaux, et nymphes des prés, me^ touchent plus guère , depuis qu'avez encbainé le bonheur près de vous; aussi compléje partir bientôt. Toutefois je m'occupe si peu de mes affaires, que je ne sais quand elles finiront. C'est chose de dégoût que compte ', vente, arrérages ; parler votre langage est mieux mon fait : mais n'allez pas imaginer que je prétende parler si bien que vous ; c'est chose impossible, et que ne tenterai de ma vie.

Voudrez- vous engager M. Racine à m'écrire? vous ferez œuvre pie, j'en réponds. J'espère qu'il me parlera de vos triomphes ; en quoi je suis d'autant persuadé que la matière ne lui manquera pas. Je me flatte qu'il m'écrira aussi que vous pensez à moi, assurant que ce me sera la nouvelle la plus agréable à apprendre, et que jamais ne trouverez de serviteur plus fidèle ni plus dévoué que

DB LA TONTAINB.

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