XVIII. — A LA MÊME
LBTTES ÉCRITS DE LA CAIffAONS, EN 4678.
Gomme vous êtes la meilleure amie du monde» aussi bien que la plus agréable , et que vous prenez beaucoup de part à ce qui regarde vos amis , il est à propos de vous mander ce que font ceux qui ne vous ont pas suivie. Ils boivent, depuis le matin jujsqu'au soir, de l'eau, du vin„ de la limonade, et cœtera; rafraichissements légers à qui est privé de vous voir. La
' Gay*€re9oent Fagon , médecin et Iwtaniste célèbre. Il oa- <|Dlt le II mal 1698, daiu le Jardin des Plantes, dont Guy de la Erosae, son oncle, fut fondateur et Intendant. Fèfjoh devint, en 1680 , premier médecin de madame la Daophine, pnis de la nbie , et enfin de Louis XIV en M93; il mourut le 1 1 mars 1718. ' n y a ainsi dans Torlginal , et non pas ne me, *I4 Fontilne a encore écrit conte, et pins haut conU-fe.
chaleur et votre absence nous jettent tous en d'insupportables langueurs. Quant à vous, mademoiselle , je n'ai pas besoin que l'on me mande ce que vous faites : je le vois d'ici. Vous plaisez depuis le matin jusqu'au soir , et accumulez cœurs sur cœurs. Tout sera bientôt au roi de France et à mademoiselle de Ghampmeslé *. Mais que font vos courtisans? car, pour ceux du roi , je ne m'en mets pas autrement en peine. Charmez-vous l'ennui, le malheur au jeu, toutes les autres disgrâces de M. de la Fare*? et M. de Tonnerre' rapporte-t-il toujours au logis quelque petit gain? Il ne saurait plus en faire de grands après l'acquisition de vos bonnes, grûces. Tout le reste n'est qu'un surcroU de peu d'importance, et quiconque vous a gagnée ne se doit que médiocrement réjouir de toutes les autres fortunes. Mandezmoi s'il n'a point entièrement oublié le plus fidèle de ses serviteurs, et si vous croyez qu'à son retour il continuera de m'honorer de ses niches et de ses brocards.