XXX. — A LA MEME
NoTembre 1688.
J'ai reçu, madame, une de vos lettres, qui est sans date. Elle est si pleine de tendresse à
dei fliuincei. Le maïquit de Sablé et Fabbé Seirlen eurent des HMean très-disaolaes. Voyei Biémciret ftour servir à l'hU' toirê du dix-septième siècle , 1 1 . p. 87.— Dock», iÊénuAres seaets . édit de 1791 , 1 1, p. 281.— OEnvre* de foliaire , <diu de Renoaard , t. XUI . p. 6.— AeciKi/ manuserUde ehansons critiques et historiques . t UI , p. 83 et 596.
* Fille de madame Ulrich i elle lût élevée dans les acntiments de la plus rigooreuse piété : elle f ppnisU ; et le chagrin que loi cauaa la conduite de sa mère la détêrmhia I se renfermer dans
mon égard , et de toutes choses qui me doivent être infiniment agréables, que je voudrais en retenir une que je vous écrivis il y a dix jours, et qui ne vous a été envoyée que samedi dernier. J'ai vu mademoiselle Thérèse depuis cela, non pour obéir à vos ordres , mais pour mon plaisir, et très-grand plaisir. Elle avait le plus beau teint que fille que j'aie vue de ma vie. Ne vous ailes pas hnaginer que nous nous laissions mourir de chagrin pendant votre absence. C'est une chose qui se dit toujours , et qui n'arrive jamais. Je suis au désespoir de vous avoir fiiit les remontrances que je vous ai laites : non qu'elles ne soient raisonnables ; mais votre lettre ne permet pas qu'on écoute la raison en façon du monde, et vous renverserez l'esprit de qui vous voudrez , et quand vous voudrez , fût»ce un philosophe du temps passé. Il me semble, par la vôtre , que vous ne voidez point de réponse ; car vous dites que vous ne me marques point le lieu oii vous êtes. Cependant on vous y a envoyé ma lettre , et d'autres encore. On ne se saurait imaginer une plus agréable compagnie que celle que vous avez. Dieu vous la conserve, et ramenez-la au plus tôt , si vousm'en croyez : non que la campagne doive finir tout à l'heure; mais, comme on dit que le prince d'Orange * s'en retourne en Angleterre, nos princes et nos grands seigneurs pourraient bien s'en revenir an plus vile. Je n'oserais m'étendre sur le chapitre qui vous a fait partir , et qui vous pourrait arrêter un peu trop longtemps; il me parait, par la vôtre, que vous ue le souhaitez pas. Je verrai souvent mademoiselle votre fille , et penserai un peu plus souvent à vous, bien certain que, de votre part, vous n'avez garde de m'oublier.
le oouTent d'éfreux. où elle prit le voile. Vofei V Histoire de la vie et des ouvrages de ta f^mtaine, troMAme édition, 1824, in-S». p. 477.
* Le prince d*Oratt8e s'était d'abord rendu en AnglcCem en 1681 . pour avoir une entrevue avec le roi Chartes II ; mais il y retourna en 1888 avec des intentions hostiles. U mil à la voile le 30 octobre; et cette drconstince détermina à peu près ki date de cette lettre. Vofei Mlsson, Mémoire d^un voyageur en Angletorre, 1608, in-12, p. 482 ; et Fie de Jacques II, d'a^ prés tes Mémoires écrits de sa main.
ŒUVRES DIVERSES
À S. A. S. Mfi» LE PRINCE DE CONTI*.
JuOletiai».
MONSEIGNEDR »
Daos le temps qu'on allait juger le procès de mademoiselle de la Force '» un de mes amis de province me pria de lui mander ce qui en arriverait. Je crus que de lui écrire simplement le contenu deTarrét , etquelquechosedeoequ'auraient dit les avocats » ce serait ne faire que ce qu*ont foit un nombre infini de gens qui ont informé de cette affaire tout le public. Je jugeai donc à propos de la mettre en vers. Je commence par une espèce delainentabilecarmenj à la manière desanciens ; et, comme Tavent ure est tragi-comique, je me laisse bientôt entraîner à ma façon d'écrire ordinaire. Voici la chose telle qu'elle est. Si je Tavais écrite pour votre altesse J'aurais essayé de lui donner une forme un peu différente.
Plenret , cttoyens de Papbot , Jeai et Rit, et toai leurs iiipp6U r La Foroo est enfin condamnée..
Sarle fait de son hyménée On Tient de la tympaniser.
Elle n'a qu'à se disposer A faire une amitié nouvelle.
Que le dd oonsoie la beUe I Et pnitse-t-eUe incessamment Se pouryoir d'époux ou d'amant , Lequel n lui plaira d'élire I Elle a de l'esprit , c'est tout dire; Mais a-t-elle eu du jugement.
De manquer l'accommodement?
Briou lui promettait monnoie '.
Dos à dos la cour les renvoie.
Après que la chose a longtemps Été tout d'ua contraire sens.
* François-Lottit, prince de Conll.
* n S'agit id du procès Intenté contre msdemoisene de la Force, pour faire casser son mariage arec le fib do présldfot Briou. Ce procès ftit Jugé définittveaieot , etsur appel, le f 5 Juillet 1609 ; et le Jugeaient fut tel que la Fontaiue le rapporte dans cette lettre. On ddt oousnlter à ce sqjet YHUtoirê de ta vie et des ouwaçes de la Fontaine , troisiènie éditloa , l$24 , iu-S*, p. an eC5f I. Cbariotte-Rose Caumontde la Force, petiie-fiUe de Jacques de la Force, maréchal de France , s'est rendue célèbre par ses romans hbtoriqnes , et monnit à Park en mars 1724, à Tige de soiianle-dlx ansi d'autres disent aoixanle-quatorM ans.
■ Le président Brlou arait fait offrir I mademoiselle de la Force une forte somme d'argent , si elle voulait consentir à la rupture de son mariage : elle s'y refusa.
L'arrêt, entre antres points, ordoont Que tons deux paieront une aumône :
Mille l^ncs la bdie . et Briou Mille écus , sans qu'U manque un sou.
D'intérêt pour l'état de fille Violé dans telle ftmiUe, Un seul denier ne se paiera; Qui plus y mit , plus y perdra.
Pleurei, Amours, gens de Gytliére :
Cdie que Vénus votre mère Gratifiait de mains lieauz dons Va passer des jours un peu longs.
La Force a sa cause perdue.
Après s'être bien défendue Par la bouche des avocats.
Et , je crois , en tout autre cas. Ces messieurs ont dit des mervdUea Qu'elle a de ses propres oreilles Entendu très-distinctement ; Car elle était au jugement.
Et que diable allaU-eUe y frire ?
Étaitrce chose nécessaire f FaUait-il là montrer son nés ?
Mille brocards se sont donnés , Bons et mauvais , de toute espèce.
Quelques-uns emportant la pièoe..
Un des Cicérons de ce temps Dit flbrce traits asseï plaisants.
L'avocat général lui-même.
Avec son aérieui extrême »
AUégua devant tout Paris L'Ecriture et les cinq maria Que gardait la Samaritaine.
L'orateur de cour souTcralne Fit là-dessus claquer son fouet , Savant en amour comme eu drek.
C'est un dieu de sa connaissance.
Hél pourquoi la jmispnidence Bannirait- elle cet enfiuit Qui des Catons va triomphant?
Voit-on qu'il épargne personne T n soumet jusqu'à la couronne; J'entends la couronne des rois , Et non cdle de saint François.
Plenrex, habitants d'Amathontel La Force, non sans quelque honte, A vu rompre les doux liens Qui lui promettaient de grands Mens, Doux liens? ma foi non , beau sirr.
Sur 00 sujet c'est assez rire.
Je soutiens et dis hautement Que l'hymen est bon seulement Pour les gens de certaines classes.
Je le souffre en ceux du haut rang.
Lorsque la noblesse du sang , L'esprit , la douceur, et les grâces.
Sont joints au bien ; et lit à part.
Il me faut plus à mon égard.
Et quoi ? de l'argeot tans ifflilret Ne ma voir autre cfaoae à faire , Depuis le matfo jmqa'ao toir, ' Qae de soitre en tout mon Tooloir; Femme de plot asseï prudente Pour me aenrir de confidente.
El 9 quand j'aurais toot à mon dioii , J'y aoDgerais enoor deoi fois.
Je VOUS supplie, monseigneur, que cet ouvrage, que je vous envoie seulement pour vous divertir, demeure st<6 sigilb lonfessionis. Je vous en fois part comme je ferais à mon confesseur, bien que cet emploi ne se donne guère à un prince du sang, de votre âge. Votre altesse empêchera, s'il lui plaît, que cet écrit ne passe en d'autres mains que les siennes : car mademoiselle de la Force est fort affligée; il y aurait de rinhumanité à rire d*une affai^e qui la fait pleurer si amèrement. Que si vous voulez que ces vers soient vus des personnes de votre cour, je vous supplie que ce soit de celles qui auront un peu de discrétion, et qui seront capables d'entrer sérieusement dans les déplaisirs d'une fille de ce nom-là.
XXXilV ~ AU MÊME.
$ août 1680.
Monseigneur,
Je n'ai différé d'écrire à votre altesse sércnissime que pour ne pas interrompre une attention qu'apparemment elle donne à ce qui se passe le long du Hhin^. Cependant , comme votre esprit embrasse un nombre infini de choses tout à la fois, il n'est pas impossible que mon tribut ne soit reçu de vous favorablement , aux endroits du moins qui vous sembleront les plus dignes de vous attacher. Je souhaiterais que ce fussent ceux où je vous entretiendrai de vousmôme. Si quelque peu d'amour-propre apportait quelque tempérament à votre mérite aussi
* Four les éclaircisseroeDb relatib I cette lettre on doit consalicr VHialoire de Ut vif *l des oworagts de J. de la Fontaine, troisième édition . f 821 , in-8* . p. 48i; et ci-dessiis p. 564.
' La imerre se poarsaiyait avec actirité, et le PalatlnaC afait été le théâtre de nouTeaiix incemlies et de nouveaux ravages. Voyez Uebootet, Bistoire du règne de Louie Xir, L II, p. 423 ; et les Mémoiteê de Dangeau , sous la date du 3 Juin <689, édiiionde Lemoutef, p. 80
bien qu'à la délicatesse de votre goût, on entreprendrait quelquefois de vous louer; mais le trop d'esprit et la modestie vous font tort Je trouve étrange que cette dernière veuille s'opposer aux éloges dont les autres vertus sont dignes, et qu'elle se fasse toujours valoir au préjudice de ses compagnes. Voilà sans mentir une contrainte qui est trop dure, et qui appro* che en quelque façon de la tyrannie. Je m'en plaindrai plus au long dans une lettre qui suivra de près celles;! , et où j'ai résolu d'examiner, en académicien , le bien et le mal qu'il y a d'ordinaire dans nos louanges. Un plus habile que moi saurait si bien apprêter l'encens, que vous auriez honte de le refuser. J'y emploierai quelque jour tout ce que j'ai d'art; et, en attendant, agréez un échantillon de celui que je destine à la princesse * que vous aimez, et qui vous a continuellement dans son souvenir.
J'ai rang parmi les nourrisions Qui sont chers aux doctes pucelies.
Et souvent j'ose en mes duinsona Célébrer des rois et des belles.
Cependant mon art est id Bien au-dessous de la matière.* Je u'entreprendrai pas aussi De louer Bourbon tout entière.
Elle platt : il n'est point de cœurs Qui n'en rendent un témoignage.
De ce don aux charmes vainqueurs Les Grâces font leur apanage.
Bourbon sait sur nous exercer Une aimoble et douce puissance ; Elc ravit sans y penser :
Que fiiit-elle lorsqu'elle y pense 7
En ses yeux un feu luit toujours , De qui toute âme est tributaire; Celui qui brille en ses discours N'est pas moins assuré de plaire.
Je me souviens d'avoir écrit.
Fondé sur des raisons puissantes.
Que sans les beautés de l'esprit Celles du corps sont languissantes.
Celidjci bit naître l'amour ;
Mais l'autre empêche qu'U ne meure ,
* Varie-Thérèse de Bourbon, que le prince de Oonti asrait épousée le 29 juin I6M.
ŒUVRES DIVERSES
Surtoot quand aa mâme aéjjoiir Une belle âme a sa demeure.
J'ai cité Bourbon à propos :
Joignec tout oe mérite insigne, tl n'est déesse ni héros Qni de notre encens soit si digne.
Je ne devrais pas oommeDcer ma lettre par un sujet auprès duquel tout le reste vous semblera mériter très-peu cette attention que je vous demande. Sans m'arréter à aucun arrangementy non plus que faisait Montagne, je passe de rh6tel de Conti * aux affaires de delà les monts, c'est-à-dire» d*une princesse extrêmement vive à un pape qui va mourir^.
Pour nonTelles de l'Italie, Le pape empire tons les joars.
Expliques , seigneur , oe discours Du côté de la maladie ; Car aucun saint-père autrement ne doit empirer nullement.
Gdni-ci Téritablement N'est envers nous ni saint ni père t Nos soins, de l'erreur triomphanta, Ne font qu'augmenter sa colère Contre l'ainé de ses enftmts >.
Sa santé toujours diminue.
L'arenir m'est chose inconnue , Et je n'en parle qu'à tétons :
Mais les gens de delk les monts Auront bieotAt pleuré cet homme ^j Car il défend les jeaonetons >, Chose très-nécessaire à Rome,
Comme il ne coûte rien d'appeler les choses par noms honorables , et que les nymphes de
< Il était situé sur le quai qui depuis a pris le nom de quai ConU . entre le Ponl-Neuf et k porte de Nesle, sur reraplacement qu'occupe actuellement l'hôtel des Honnales. Sur le plan de Paris , gravé par Berey en 1660 , cet hôtel porte le nom d'hôtel Guénégaud , parce qu'it ayatt appartenu au secrétaire d'état de oe nom, qui l'avait tait rebâtir. On y admirait une chapelle constniite par Manaard. Voyei le Uaire , Paris ancien tt moderne , 168S, t III , p. 237.
s Benoit Odelscalchi , ou Innocent XI , fut élu pape le il septembre 4076 , et mourut le 42 septembre 4ft89 , six Jours avant la date de cette lettre ; mais cette nouvelle n'étail pas encore parvenue à Paris. Voyez Y Histoire de la vie et des ouvrages de la Fontaine , troisième édition, 4824 , in-8* , p. 5i6.
' On sait que le roi de France a en cour de Rome le titre de fUs aine de CÉglise. La Fontaine parle ici des mesures violences prises par les ministres de Louis XIV contre les protestants, que le pape avait raison de ne pas approuver.
4 II fut au contraire fortement regretté , excepté par la France, qni s'était opposée I sa nomination.
* On sait ce que la Fontahie entendait par les Jeannetons ; etil s'en ezpllqae asses cbucement dans sa lettre au ûvfi de Vendôme.
delà les monts , les bergers même, pourraient 8*ofFeoserdeceIui^y je leur dirai que j'ai voulu d'abord les qualifier de Chioris; mais ma rime m'a fsii choisir l'autre nom, que j'avais déjà consacré à ces sujets-là. Les registres du Parnasse ont un cérémonial où il y en a pour tous les degrés et pour tous les âges. Je neui'arréie point à cela, et ne prends pas garde de si près à la distribution de ces dignités, que je donue fort souvent par capricet ou pour une eonsidération fort légère.
Je me contente à moins qn'Horsoe :
Qnand l'objet on mon oeur a place , £t qu'à mes yeux il est joli , Do nomcn (uod libet i//i *.
Horace les avait ennoblies auparavant; mais ce privilège ne m'appartient pas.
Après vous avoir parlé de l'Italie, je viens, monseigneur, à ce qui concerne T Angleterre'.
HaUfax , Bentinck et 0anby, M'ont qu'à cberdier quelque aUlii Pour justifier leur conduite.
Quoi qu'en puisse dire la suite, C'est un très-nuu?ais inddeut.
Halifax " semblait fort prudent.
Danby s je ne le connais guère.
* « Je lui donne le nom qu'B me plaft > (Voyei BoiaTh Salir., lib. I , ii , ▼. f 25 . 1*26. ) Notre poète se plaisaU k Ukt remarquer cette conformité de go&t entre lui et Horace : il 7 iaii encore allusion dans le conte intitulé le Cas de cwudtnee, liv. II. ▼.
> Vâb. Dans la oontrebçou faite en Uollaude dei OEumi posthumes de /o fontaine. 4096, p. 489, oo a sappriiaé le mot V Angleterre t et on a mis c ^ ce qui ooncenid la aatm « pays. » On a retranché les seize |jrem:cr$ vers . et on r a substitué cette phrase 1 1 On dit que le parlement d'Anslelerre n c faire une eiacte rechercliede plusieurs particuliers qui se 1001 t enrichis dans les règnes préoédenU. ou des dépouilles dei t malheureux , ou d. s revenus de la oouroone. • Ces duosç* ments prouvent que le prince â*Orange ne soulfrait pwla ^ bertédeta presse en BoUande pour ce qui le cooocnuit U Contention lui avait dooné , le 47 février . la couronoe k loi et à sa femmes et ils avaient été proclamés souverains le3i<is même mois , ou le 43, vieux style. Le roi Jacques U élaftdé* barque à Kingsdal, en Irlande^ le 47 mars. ( Voyes MisuQ. Mém, d'un voyageur en Angleterre, in-H, p. 466-171- Mém. du maréchal de Btrwick.l I. p. 4W4.-Bunïef» BUt.ofhis own (ime.édit. in-12. 17», t IV, p. 16.
» Halifax avait été créé marquis et garde du sceau prifé P» Charles U. Il fut fait président du cooseU par Jacques II. en \t%% ; et cependant il fut un de ceux qui contribuèreBt Is plus I la révolution qui mit le prince d'Orange sur le trOoe- Voyes Hum's HUL ofEngUmd . t. vm , p^ 475. 241. 2». et 502.
4 Danby avait été bit trésorier sons Charles II , en I6f«;« a fut nn de ceux qui invitèrent le prinee d'Onnge àcovaur rAngletecre, pour détrôner Jacques U. Voyei Hums /W.
LETTRES A DIVERS
Beotlod[ à M» maître mt plaire , Jasqa'à quel point, je n'en dis mot: S'il n'eût été qu'un jeune lot, Comme sont tons les Genymèdes, On aurait enduré de lui.
Et dans la pièee d'aujourd'hui Bentinck ferait peu dlntermèdes; Mais prompt , habile , diligent , A saisir un certain argent , Somme aux inspecteurs échappée , S a du côté de l'épée Mis» ce dit-on, quelques deniers.
Après tout, est-il des premiers A qui pareille diose arriTe ?
Me faut-il pas que chacun ?ifef Cependant il a quelque tort, Sile gain est un peu trop fort , Yu les Anglais et leurs coutumes.
Le proTerbe est bon , selon moi , Que qui roue * a mangé du roi.
Cent ans après en rend les plumes.
Manger celle du peuple anglois Est plus dangereux mille fois.
Bentinck * nous en saura que dire :
Je n'y vols pour lui point à rire's On va lui barrer bien et beau Le chemin aux grandes fortunes.
Dieu me garde de feu et d*eau , De mauvais yio dans un cadeau *, D'avoir rencontres importunes , De liseurs de ters sans répit , De maîtresse ayant trop d'esprit , Et de la chambre des communes I
of Engtand, édit 1782. t Vni. ^ f 1 , 63, 78 , 87, aOB. 2ia , 313 ; et BUtoire de taPie et des (mm'ages de la Fonlaine , in-S* . p. 478. Voyes encore IkFiede Jacques II » diaprés les MÊ^nuHre* éeriU de sa propre main, 4819, in-S», t III, p. 336; Maziire , Histoire de la réooluiion cf« 1688 en Angleterre , t825.in-8«. t. III, p. 188.
* On disait Voue pour Voie, quand ce proverbe a été bit. ( Note de Védiieur des Œuvres posthomes. )
• William Bentiuck , né en 1648 , fat d'abord page d'honneur du prince d'Oraniçe, qui le mit ensuite djus son conseil privé; puis ambassadeur en France , en 1696. On peut consulter . sur ce qui le conceroe, VHntùire de la vie et des œuvres de /. de la Fontaine, troisième édition , 1814. p. 521 etjQX
" Cest-à-dire un fc^in. Le mot cadeau signifiait alors un repas donné à des femmes. ( Voyez • au si^et de ce mot , le conte de U Couriisone amoureuse ; les Œuvres de Saintlioremond, édit. 1753, 1 1. p. 42. dans la pièce intitulée les académiciens ; l'ouvrage de lx)uis- Augustin Aiemand, intitulé Nouvelles observations . ou guerre ei»ile des FYançois sur la tangue . 1688. p. f 81 , au mot cadeau-; et enfin diverses pièces de vers contre les cadeaux ou les festins donnés à des dames, dans b Suite du nouveau recueil de plusieurs et dicerset pié' ces galantes de ce temps, 1665, p. 173 à f77 ). Dans Molière , le mot cadeau se trouve employé dans le sens de festin, et aussi dans celui de divertisymenls donnés à des femmes. ■ Tout le « monde a couru eu foule à la magnificence de la fête dont l'a*
• mour du prince Iphlcrate vient de régaler sur la mer la pro-
• menadedes princesses, taadisqu*elies y ont reçu des cadeaux
• merveilleux de musique et de danse. • ( £ei Amants magnif AtftMs, actei, se. i.)
Londonderry s'en va se rendre , Voilà ce qu'on me vient d'apprendre i Mais dans deux jours je m'attends bien Qu'un bruit viendra qu'il n'en est riea« . J'ai même enoor certain scrupule :
Ce siège est-il un siège , ou non ?
Il ressemble à l'Ascension , Qui n'aiance ni ne recule.
Jacque aura monté sa pendule Plus d'une fois, avant qu'il ait Tous ces rebelles à souhait.
On leur a mené pères , mères, Femmes, enfluita, personnes chères , Qu'on retient par Ibree entassée Gomme montons dans les fossés ■• Cette troupe anx assiégés crie :
Rendei-voai » sanvei-nons la vie I Point de nouvelle ; an diantre l'on Qui ne soit soord. Le bndt commnn Est qu'ils n'ont plai de quoi repaître •• A la démence de leur maître Ds se devraient abandonner.
Et pois , aUei-moi pardonner A cette maadlle canaille I Les gens trop bons et trop dévols Ne font bien soovent rten qni vaille.
Faat^il qu'on prince ait ces défauts 7
Cest envoyer de l'eaa à la mer que de vous écrire des réflexions. Ainsi je les laisse, pour vous assurer que je suis avec un profond res* pect, etc.