‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 705 sur 723 · A S. A. S. M" LE DUC DE VENDOME · texte numérisé non relu

A S. A. S. M" LE DUC DE VENDOME

Septembre 1689.

Prince vaillant , humain et sage , Avonex-nous que l'assemblage •

< La Fontaine avait raison : Jacques 11 échoua devant cette place ; et cependant on faisait même courir le bruit que le prince d'Orange était pris. Voyex la lettre de l'abbé de Brosses , . en date du 20 Juillet 1600. dans les Lettres de Bussf-Rabutin , tVll,p. 7-H.

> li s'agit de Tordre du manichal de Bosen, de rassembler tous les protestant* des environs de Londonderry • et de les forcer d'entrer dans la ville* afin de consommer le peu de provisions qui s'y trouvait CK ordre cruel ne fut pas exécuté, et fut révoqué par Jacques 11. Voyei la Fie de Jacques II, d'après les Hémoires écrits de sa main , traduction fFsnçalM, 1819, fai-8»,t. IV.p. 130.

* La famine fut si grande que la chair de cheval , les chats , les chiens , et jusqu'aux souris et aux rats, se vendaient des prit exorbitants. {Fie de Jacques II, d'après les Uémoîru écrits de sa rnaUn , t. IV. p. 451. )

* Voyei , pour les éclalrcissenients relatifs I celte lettre, VBistoirs de la vie et de* ouvrages de Jean de la Fontaine, %a^ sième édilion, 1834. in-8". p. 108.

ŒUVRES DIVERSES

De tti trois bonnes qualités

Vaat mieaY que trois prindpaatés.

Force grands pensent d'autre sorte :

S'ils ont raison , je m'en rapporte;

Mais je son.'iens encore un point»

C'est que sourent ils ne l'ont point.

Sans tr^iler ici cette afTaire,

Conunenr , seigneur, pouYCs-f oui flUre ?

Vous pinignex les peuples du Rhla *•

D'autre côté, le louverain

Et l'intérêt de futre gloire

Vous font courir à la victoire.

Mars est dur; ce dieu descumlMta

Même au sang trouve des appas.

Rarement Toil-on , ce me semble »

Guerre et pitié loger ensemble.

Âutions-nous des botes plus doux,

Si rAllemagne entrait chez nous?

J'aime raieax les Turcs en campagne.

Que de voir nos vins de Clianipague

Prolénés par des Allemands *.

Ces gens ont des banaps * tnip grands;

Notnf nectar feul d'anires verres.

En nn root , gardes qu'en nos terres

Le chemin ne leur soit ouvert :

Ds nons pourraient prendre saoa fert

Prendre sans vert notre monarque !

Les conducteurs de cette barqne

T perdraient bientôt leur latin.

Lorraine eut le net bien plus fin *.

h font se lever pins matin

Que ne font beaucoup de ces princes.

Pour pénéirrr dans nos provinces.

Je vois ces héros reioornés

Cbes eux avec un pi d de nei ,

Et le protecteur dei rei>elles

Le cu< à terre entre deux selles;

Et tout le parti proiestant

• ïsê FtooUine <Ut allusion I l'horrible incendie do Palstloat DaiM le Journal r/s Dongenu , sous U date du 3 juin I6S7 . 11 (st diti « On a fait brAler Spire, Worms, et Oppenheim.....

• On a fait avertir les habiiantH quelques Jean auparavant •

• Les Turc.1 r.tiaaient alon la guerre à tVmpereur d* «llema-

'gne , ennemi de U France i et undi^ principaux r<>proch s qui

furent Lits à la diète, séant à Ratlslionne, était d'excfter tei

Turcs contre l'empirs Notre poète approuve id cette poltique.

Voy. Hebuulet, HUMrtdu. réçn^ de louis XI r, t II , p. 4».

• Un hanap est une grande tasse à boire. Ce mot se trouve dans Nicot et dam la premièrp édition du Didionnaire de l'Aicadémié , 1006 . In-fulio Aln^^l U éUit en bsage du temfisde la Fontaine. Il parait Mx<>n d'oiigioe, et se r* nronire fré.|tieinment dans les écrits do quatonième siècle. ( Voyet un édit de l'hQippe VI, en 4133. dans tes Ordonnimee* de* nAe de France, t. Il . p. SB; les Faux de rire d'Olivier Baaielin . édit in-S». ItSI . p. 126 et 9M| Roquefort , Glotsalre de la langue romone , L l , p. 7Sa . et SuppiimenU , p. f iO. ) Brinidin? s'en «^ servi «o si^r d'une coupe où l'on avait sculpté dei in.ets Ucendeoi. « tt vous . monteur, encore plus d'avoir acheté ce

• beau hanap. • ( Dames çalonUs . Œuvres, t II . p. flO. )

« Le duc de Loiraine piit Uayence le $ s*'ptembre . et lui seul «les alliés avait obtenu quelques succès. Voya Eebonlet . Ulstifire du régne de Louis XiV, L U . p. 434.

Da saint-père en vain très-eootaBt.

J'ai là-dessus nn coote à frire.

L'antre jour, touchant cette aflUiv .

Le chevalier de Sillery *, £n parlant de ce pape-ci , Soulialtait, pour la poii pobliqne.

Qu'il se fût rendu calbo'iqne, Et le roi Jacques huguenot.

Je trouve asseï bon ce bon mot.

Louis a banni de la France L'hérétique et très-iotte engeance.

Il tenta sans beaucoup d'effort Un si grand dessein dans l'abord; Les esprits étaient plus dociles.

Notre roi voyant quelques villes Sans peine à la foi se rangeant. L'appétit Ini vint en mangeant.

Les qnolibeis que je hasarde Sentent nn peo le corps de garde.

Ce style est bon en t mps et lien.

Une autre fois , m lyenuant Diea, Votre altesse me verra meitre Dn français plus fin dans ma lettre.

Cependant, d'un soin obligeant L'abbé * m'a promis quelque argent.

Amen ! et le ciel le conserve !

Âpol on , ses chants , et sa verve, Baochus, et pentp^îre l'Amour, L'occupent souvent tour A tour.

Sans conter l'hydre créancière.

Quelque jour ce s« ra matière Pour loi donner, avec raison , Autant de tètes qu'à Typhon, n vent accroître ma chevanoe *• Sur cet espoir, j'ai par avance Quelques louis anx vents jetés.

Dont je rends grâce à vos bontés.

Le re&te Ira sans point de faute (Ou bien je compte sans mon hôte :

Le paillard m'a dit aujourd'hui Qu'il faut que je compte avrc lui.

Atmei vous cette parenthèse?) Le reste ira , ne vous déplalae »

En vins, en joie , rr cirrisA.

Ce mot ci s'intc prêtera Des Jeannelons , rar les Qyroènes Anx vieilles gens sont inhumahies.

< Carioman Phllogène Brolart , dit comte de Sillenr t dont Û est id question . et auquel est adreaié une lettre de b Fontaine qu'on tMuvrra ci-après , était le aeptiènie des fils de i^onii Ruger Bruiart de Sillery et de Marie-Catlierine de h RficbefoocBuld * et par conséquent le neveu dn duc de la Rnchcàioeanld , atileur des Maximes, Sillery. après avoir é'é capitaioe de vaivseao . fut prumo au grade de colonel d'Infanterie du régiment du prince de Gonii , dont il était le premier écnyer. Le 31 mars 1719^ U fbt nommé gouvmeor de la voie d'Êpei^ nay en Champagne . et rooucnt à Paris le 27 novembre 17V» âgé de soixante et onze ani^

* L'abbé de CbauUeu. •MonUea.Bei

LETTRES A DIVERS

tfO

Je De fons répondÉ pas qoTenoor Je n'emploie an pea de votre or A pnyer la brune et la blonde :

Tout peut arriver en ce monde.

Nqu que j'assemble tous les jours Barlic fleurie et If s Amours.

Même dans peu votre fluance Au sacrement Je pénitence A mon égard échappera.

Pour nouvelles de par deçà.

Nous faisons au Temple merveilles.

L'antre jour on bot vtogi bouteilles; Régnier ' en fut l'an bit riclin'.

La nnit étant sur son déclin.

Lorsque j'eus vidé mainte coupe , Lsngramet >, aussi de la tniupe.

Me ran^ena dans mon manoir.

Je lui donnai , non le bonsoir.

Mais le bonjonr : la jeune Aurore , En quittant le rivage maure , Koas avait à table trouvés .

f Nos verres neU et bien lavés.

Mais nos yeux étant un petl troubles.

Sans pourtant voir les objets doubles.

Jusqu'au point du jour on chanta , *

On but , on rit , on disputa, On raisonna sur les nouvelles; Chacun en dit , et des pins belles.

Le grand prieur * eut plus d'esprit Qu'aucun de noos sans contredit.

J'admirai son sens; il flt rage ; Mais, malgré tout son beau langage Qu'on était ravi d'écouter.

Nul ne s'abstint de contester. Je dois tout respect aui Vendômes :

Mais j'hais en d'antres ro|aumes,

< Il s'agit id probablement de Régnier Desmarests. secrétaire de rAcadémIe française. Le manuscrit de M. Héricart de Thary a Régnier. Dans les éditions imprimées on a mit I tort Rénier.

* Le maître buvenr , on phitAt le maître dlidtel . l'ordonna* teur , pent-éire le sommelier.

I II eit bit menitdn de LangeameC dans un grand noél satirique qui fut composé vers ce temps contrôles personnages de laoonn

Diiw la divine élabl»

Apparat LaogeaaMt , Aytot an tir capable El oei de perroquet ; Bt, d'Qo loB de ttmBtt CooMnesçant loo nmege , ratlgna le poupoo doo , don , SI fort quMI ordouna ta , là|, Qn'on le rcmll en cage.

iMVtftf «MMiaertf de tkamêOÊU ertU^imêê, ef kiêtwi^mu . l. lit , p. m.

' * Le grand prieur de Venddme . frère du duc de Vendôme , qui demeoi ait au Temple , et chez qui av.tlt eu lien le festin dont parle notre poète. Dans le Heeueil manvserH des eh an" sons il est parlé des dél»aucbes de M. le grand prieur , et de ses Nabnns avec Fanchon Uorean, achrlce de l'Opéra . t. lll . p. ^53 eissa.

S'il leur (iBllalt en ce moment Céder un dron seulement.

Je finis; et je vous souhaite Une victoire très-complète.

Chance S tous jeui , de la santé , Non pas pour une éternité :

Je suis en mes vœux plus modeste; Pourvu que la bonté céleste , A vous , au grand prit ur, à moi , Donne cen! aus de bon aloi , Je serai content du partage.

Vous en méritez davantage ; Mais la raison d'un si beau lot Ne se dit pas toute en un mot.

Ainsi je ferai fort bien de remettre la chose à une autre fois, et de finir cet écrit par une protestation solennelle d'être, autant que dureront ces cent ans de vie que la Parqué me doit filer, etc.

A s. A. S. M« LE PRINCE DE CONTP.

Novembre 1680.

HorfSBIGNEUR,

On m'a dit tant de fois que votre altesse sérénissime était en chemin, et que mes lettres ne la trouveraient plus à l'armée, qu'enfin j'ai manqué l'occasion de faire partir celle-ci. En quelque lieu qu'elle vous soit présentée, je vous dirai, à mon ordinaire, que les choses nous paraissent suspendues, tant en Fbndre qu'aux l)ordsduRhin;et, rien ne réveillant les esprits, il est arrivé un changement dans la robe et dans les finances, qui nous a donné matière de raisonner.

On donnait id, quand le roi , Ayant ses raisons , et très-sages , Parmi les gens d'un haut emploi A fait un vrai remâ ménage.

Et mis Harlay premièrement A la tète du parlement *.

• Prançois-Lottis, prince de Coutl. Massillon . dans Toralsai funèbre qu'il a pronuooée pour ce prince (édit. «75B. in-i2, p. 101 ). nous apprrnd qu'il avaii écrit en mémoires sur i(*s évéoemenis de son temps et sur U vie du grand Goodé. • Si ces Mémoires . dit l'orateur , que nous avons enci»re écrits de sa main avec tant de noble&e et de précision , étalent enfin mb au jour, rien ne manquerait plus I la gloire de ce grand bomma» Il n'a rien paru de ces précieux manuscrits. Que sont-Ils devenus?

• Nicolas Potier de ifovkm , qui filsiflait ses arrêts , ftit fimé de vendre sa charge I de Bariay. Vof ei Lemonley Nomea^tx

ŒUVRES DIVERSES

D en est digne, et jote dire Que Thémig, en tout ion empire , TroDferait à peine auiourd'bui Uo oracle approchant de lui.

Ne plaidei qu'ayant bonne canae; C'est maintenant la leule cboae Qoi pent faire au gain du procès.

Vous oontestei atec succès Par-derant le dieu des alarmes , Appuyé du seul droit des armes :

Harlay règle d'autres débats , Où , je crois , tous n'exoellei pas.

Ni la grandeur ni la taillanœ.

Ne font incliner sa balance Son éloge entier irait loin .- J'aime mieux garder afec soin La loi que l'on se doit prescrire D'être court, et ne pas tout dire.

. Pour éviter donc la loogneur Qoi ndtet les choses en langueur, Pontcfaartrafai < régie les finances.

Si jamais j'ai des ordonnances Ce qui n'est pas près d'arrîTer, n saura dn moins me sanver Le chagrin d'une longue attente , Et lira d'abord ma patente.

Homme n'est plus eipéditif, meax tnatmit, ni plusinTcntif , Talents aujourd'hui nécessaires.

La Brillb * est chargé des afbires Du publie et dn sûaferain. An gré de tous 11 sut enfin Bélwouiiler ce chaos de dettes Qu'un maudit compteur avait ftiites.

Ce n'est pas là le seul essai Qui le rend soeceaseur d'Hariay.

Ce poste, avec oelni qu'il quitte.

Demandait un ample mérite Au sujet qu'on a placé là.

Hardi quiconque le suivra !

NOD que Louis, par sa sagesse , lie poisse en conaerrer l'espèoe;

àfémaUre* de bangeau, sous h date du 22 septembre 1689 . p. 53 { LtUre du eomU Buê9[f^HahMiinà NooUm, en date do 10 octobre 1680, dans le SypptémeiU aux Mémoirt» si aux Lettres du comte Buêifi^Bab^Uki, L I, p. tri.SorliarUy. voyes cl-desBus» p. 587s et la Lttir* de madame de Sévigné, en date du0 septembre lesO.L IXp. 136. édition de M. Monmeiqué, lf20,io-»>.

■ Louis Phelipeauz , comte de Pontduutrain. n avait succédé I M. Pelletier, contrôleur des finances, qui avait demandé h permissian de se retirer. Voyes OEumrts de Saint^Shnau, I. XI, p. 1181 I45i le Joumai de Dangeau, en date dn 268eptenbfe f6tti et les LeUree de madame deSMgné, en date dnSs^iCenibrel6l»,C IX. p. 138 à 162, édition de M. Monmerqné, 1620, in*i*.

* La Brille était on ami Intime deTnrennei et noosappreaaos, par on aven dn giànd homme, que La BrUTe lui prétait souvent de Tarsent sa» Intérêt. Voyes h lettre de Tnrenne à Ciabeii.àmtM.^kÊaiUMuFayagêeaumewHrmudePaHê, Ul,p.300.

Tout le bien que j'ai Retombe à juste droit sur loi.

Comme j*étajs près de fermer ma leltre, on a écrit ici de Versailles que le roi avait donné la qualité de ministre à M. de Seignelay *. Je ne vois personne qui n*en témoigne beaucoup de joie.

n doit ce nouvel ornement A son mérite aenlement.

Ses soins , dignes que la foHnne Avec eux veuiUe concourir.

Sauront bientôt partout offrir L'altondance en ces lienx commune; Sur nos deux mers nos matelots.

Quelque inconstanta que soient les flots, Saoronltoeoager pour nos voiles L'aide des vents et des étoiles.

Me doutes point qu'en son emploi , Redoublant ses soins et son zèle , Sous la conduite de son roi Le nouveau minisire n'excelle.

N'avons-noos pas vu de nos borda Une double flotte réduite.

Et se renfermer dans ses ports , If citant aon saint dans sa fuite > î Le travail y croit, j'en conviens; , Mais tels maux en conr sont des biena. Et Seignelay peut y suffire.

On le voit sur-le-champ écrire Touchant des points très-lmportanla.

Mieux que moi , seigneur, c'est peu dire z Mieux qu'aucun écrivain dn temps.

Pour paaser à d'antrea matières, Youssanrei qu'on m'a dit naguères Que cet hiver-d l'opéra A Rome se rétablira.

t>]a me semble un bon augure En la présente conjoncture, Et commence à sentir la paix ; Je ne pense pas qu'elle édiappe Aux premiers aràos dn nouveau pape.

' Jean-Baptiste Colbert . marquis de Seignelay. fib ataié da Snné Goibert» naquit à Paris en 16m . fat flBWstre setrétaits d'élat au départrment de la marine , et niomvrt le S novembre 1699 , à rage de trente-neuf ans. H avait de resprit s maM il était peu laborieux , et hisalt passer ses plairirs avant aetdevolTk Toyex la LeUre Xri de madame dé MakÊtemam à la eomteese de Geran , en date du 10 septembre 1613, t II. pw IIS. édit 1766.

* La Fontaine Mt lel sUosion an combat naval donné te f 0 JoO* let à la hauteur de Dieppe , oà M. de Tourville, vloe^amlnl de vranœ. et M. de Cbâteau^enand, battirent les Bottes an^alM et hollandaise. On pounolvit l'ennemi ; et le comte d*listrées« fils do maréchal, fit une descente à Teignmooth le S août, où U briUa quatre vaisseanx de gnerre emimUs et phisirurs vaisseaux marcliand8.(Hénattlt, Abrégé cArono/ogifiia. édiliOB de Walckenaer. t lU. p. «W. \at%*, 1681.)

LETTRES A DIVERS

Si le Saint-Esprit mit jainali Quelqu'un au tràne de saint Pierre Pour qui le démon de la guerre Eut de la crainte et du respect , C'est Alexandre * ; car, sans dire Qu'à nul état il n'est suspect, Il a tout ce que l'on désire :

Expérience , fermeté, Justice , et sagesse profonde.

L'Olympe interpose au traité La première tète du monde En lM>n sens comme en dignité.

Dès à présent sa sainteté ^

S'en Ta cet ouvrage entreprendre.

O Paix I ne te fais point attendre.

Veux-tu que pour toi l'uui?en Soupire encore deux hiTcn?

Fille du dd et d'Alexandre (Car je te garde tous ces noms) »

Renvoie an Nord les aquilons; Fais qu'arec eax Mars se retire.

Faisant place à Flore , à Zéphire.

Citer ces dieux, me va-t-on dire , Eu parlant du pape, est-il bien ?

Mon : maia l'art des poètes n'est rien. Leurs disoomrs n'ont beanlé ni grâce.

Sans ce langage dn Parnasse. Qu'Apollon s'exprime en païen , Tronve-t-on cela fort étrange?

Pour liannir pourtant oe mélange , Et parler du pape en duétien , Souhaitons que Dieu l'illumine.

Et que la paix, par son moyen , Vers les fidèles s'achemine Avec l'assiitanoe divine Qu'un jnbilé procurera.

Dès que le poète lui verra Réunir la diose publique D'id sans peine il partira.

Et les vers il entonnera De Siméon dans son cantique * ; Mais il veut vivre jusque-là.

Vous allez me faû^ encore uneautre objection:

* PieBre Ottoboni, fib du grand cbaocelier de U république de Venise . fut élu pape . sous le nom d'Alexandre VIII . le 16 octobre 1689. Il naquit le 40 avril 1610, et mourut le !«' février 4691 , dans la quatre-vingt-deuxième année de son âge. Ainsi il n'occupa le saiut-siége que seize mois.

• C'est-àHlire que . comme Siméon dans l'évangile, U bénira Dieu de laisser mourir en paix son serviteur, puisque ses yeux ont vu le salut du peuple. ( Voyez l'Évangile selon taint Luc • chap. Il, vers. 29.) Marot a mis en vers ce cantique; et c'est, je crois , à cette traduction que notre auteur fait Id allusion.

Orlilan,Crlitaar, In pali ton serTlleiir EnsolTant ta promesse :

PnlsqiM met yeox ont ca Ce crèdltf d'avoir ven M ton salai l'adrecae.

Maiot, Cant/qw tf< Siméon, OBavni» t, IV, p. tlO.

elle est d*une nature à venir de vous ; c'est que la France ne in*a pas donné charge de faire des vœux pour la paix avec tant d empressement. Est-ce rintërét de la France qui vous fait aller braver les hasards, ou si c'est celui de votre gloire? Je ne démêle pas bien la chose. Peutêtre même y va-t-il de votre plaisir : ce que je n'ose presque penser, Nec tibi tant diracupido. Cependant vous autres héros seriez bien fâchés qu'on vous laissât vivre tranquillement. Comme si la vie n'était rien , et que sans elle la gloire fût quelque chose ! Vous croyez être demeurés au coin du feu, à moins que vous ne vous alliez brûler sur le mont GEta, de même que fit Hercule. Pour vous répondre sur tous ces points, je vous dirai que non pas la France, mais l'Europe entière ne peut que perdre à une guerre comme celle-ci *. Et à votre égard, monsei* gneur, ne vous alarmez pas sitôt de ce mot de paix : elle est tellement difficile à faire, qu'il est malaisé qu'Alexandre YIII nous la donne dès son avènement au pontificat : Eta tudalnî taiit. Auquel cas j'ai dans l'esprit que plus vous auriez de part au projet, et mieux nous nous trouverions des assistances de la fortune. Si Jupiter recueillait les voix (j'en reviens toujours à mon style poétique, et à quelque chose encore de plus chatouilleux; il n'est pas besoin que je m'explique ici davantage, vous voyez déjà où j'en veux venir), votre esprit et votre valeur auraient une ample matière des'exercer'. Nous en parlions, il y a deux jours, du Vivier et moi. U me pria de vous assurer de ses très-humbles respects. Nous fîmes des vœux très-particuliers en votre faveur. Ik n'étaient ouïs que de quelques idoles chinoises, et du destin , qui apparem-

> La Jaloosie que la France eidtait par les dioilB qu'elle avaM «ercés en eipUcaclon do traité de Nimègoe , les prétentions do roi ponr MiOÂm. sa bellMcnir, sur la snccession de l'éleo tenr palatin, raflatre des firanchises, la ligue d'Aagsbooig . l'invasion de l'Angle^rre par le prince d'Orange ; telles étalent les causes qui avaient déterminé Louis XIV à reprendre les armes en IQS8.

* Ceci (ait allnsion à la déCiveor dans laquelle était le prince de Coati auprès du roi . et dont 0 ressentit particnUèrement les effets au m^ti de celte campagne. Avant qu'éUe ne s'ouvrit r U avait demandé avec Instance un régiment; le régiment hil fbt reltasé. Il demanda ensuite à être simple brigadier , ce qni loi fût encore refusé. Rnfin n demanda à aller I la goerre comme simple volontaire : on n'osa pas s'y opposer , et 11 partit avec M. le doc. Voyes les Uémoiru âe la eomr ée fVanee , pour lu année» 1618 et WHè, par madame de la Fayette, édit 1713, p. leSw

OEUVRES DIVERSES

ment les exancera ; car je n*y vois rien qne de raisonnable. Pour peu que je vive encore, je pourrai vous entendre dire : Et quorum pais magna fui. Ce serait dommage que je mourusse avant I accomplissement de ma prophétie ; non qu'on eut besoin de moi pour célébrer votre gloire; mais j*exclterais à le foire les Malherbe et les Voilure. Y a-t-il • ncore au monde des N oi- Uire et des Malherbe? Bonnes gens, je ne vous puis voir, commedit maître François* dans son livre. Si je ne réponds de beaucoup de capacité pour ma part, je reponds au moins de beaucoup de zèle , étant avec autant de passion que de profondeur de respect , etc.

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