‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 95 sur 723 · I. LE FAISEUR D'OREILLES · texte numérisé non relu

I. LE FAISEUR D'OREILLES

ET LE RÂGCOMMOIdEUa DE MOULES.

CONTE TIRÉ DES CENT liOUYELLES NODVEIXBS, ET d'un conte de BOCCAGB.

Sire Guillaume, allant en marchandise, Laissa sa femme enceinte de six mois , ' Simple , jeunette , et d'assez bonne golse*, Nommée Alix , du pays champenois.

Compère André Taîlait voir quelquefois : A quel dessein? Besoin n'est de le dire, Et Dieu le sait. C'était un maître sire ; U ne tendait guère en vain ses filets; Ce n'était pas autrement sa coutume :

Sage eût été l'oiseau qui de ses rets Se fût sauvé sans laisser quelque plume.

Alix était fort neuve sur ce point ,

Le trop d'esprit ne l'incommodait point ,

De ce défaut on n'accusait la belle ;

Elle ignorait les malices d'amour;

La pauvre dame allait tout devant die,

Et n'y savait ni finesse ni tour.

Son mari donc se trouvant en emplette ,

Elle au logis , en sa chambre seulette ,

André survient , qui , sans long compliment,

La considère , et lui dit froidement :

* on voit par ce passage'que la Fontaine n'a pas écrit si CsKilement tant de vers focfles, et que. c'est en coonalasanceds cause qu'il a su triompher des difficultés du geore qu'A avait adopté.

• D'assez bonne foçon, de manièreB agréaUes.

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