I. LE FAISEUR D'OREILLES
ET LE RÂGCOMMOIdEUa DE MOULES.
CONTE TIRÉ DES CENT liOUYELLES NODVEIXBS, ET d'un conte de BOCCAGB.
Sire Guillaume, allant en marchandise, Laissa sa femme enceinte de six mois , ' Simple , jeunette , et d'assez bonne golse*, Nommée Alix , du pays champenois.
Compère André Taîlait voir quelquefois : A quel dessein? Besoin n'est de le dire, Et Dieu le sait. C'était un maître sire ; U ne tendait guère en vain ses filets; Ce n'était pas autrement sa coutume :
Sage eût été l'oiseau qui de ses rets Se fût sauvé sans laisser quelque plume.
Alix était fort neuve sur ce point ,
Le trop d'esprit ne l'incommodait point ,
De ce défaut on n'accusait la belle ;
Elle ignorait les malices d'amour;
La pauvre dame allait tout devant die,
Et n'y savait ni finesse ni tour.
Son mari donc se trouvant en emplette ,
Elle au logis , en sa chambre seulette ,
André survient , qui , sans long compliment,
La considère , et lui dit froidement :
* on voit par ce passage'que la Fontaine n'a pas écrit si CsKilement tant de vers focfles, et que. c'est en coonalasanceds cause qu'il a su triompher des difficultés du geore qu'A avait adopté.
• D'assez bonne foçon, de manièreB agréaUes.