Oeuvres complètes de Jean Racine
On n'a point conservé le discours, ou , comme ou disait alors, la harangue que Racine prononça, à l'Académie française, le jour oîi il y fut reçu. « Le » remercîment de mon père, dit Louis Racine, » fut fort simple et fort court, et il le prononça » d'une voix si basse, que M. Colbert, qui était » venu pour l'entendre, n'en entendit rien, et que » ses voisins mêmes en entendirent à peine quel- » ques mots. Il n'a jamais paru dans les Recueils » de l'Académie, et ne s*est point trouvé dans ses >> papiers après sa mort. »
Fléchier, qui fut reçu le même jour, fut au contraire bien entendu et très-applaudi. « Racine, w qui, en cette occasion, dit d'Alemberl , s'éclipsa » devant le prédicateur, se dédommagea, quelques » années après, du peu de succès qu'il avait eu à
» sa réception. Il fut charge de recevoir Thomas » Corneille h la place de son illustre frère. L'auj> teur de P/ihdre, alors plus aguerri en présence » du public, parut en ce moment tout ce qu'il i> était. Le discours qu'il fit , est un des plus heaux » qui aient été prononcés dans l'Académie. On le » lit encore tous les jours, et on ne lit plus celui » de Fléchier. » Ç Eloge de Flêchier, note V.)
A la suite des discours prononcés par Racine, nous mettons celui que l'abbé Colbert, coadjuteur de Piouen , prononça à la tête du Clergé de France assemblé h Saint-Germaîn-en-Laye en i685, lorsque cette Assemblée prit congé de Louis XIV. Les personnes les mieux informées, et notamment Boileau , ont assuré que ce discours avait été composé par Piacine. C'est d'après ce témoignage que Louis Pvacine en parle dans ses Mémoires sur la vie et les ouvrages de son père (page loi), et cette opinion a été suivie par d' Alembert dans l'Éloge de l'abbé Colbert. (^Histoire des membres de l ' Académie française.)
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