ACTE I, SCÈNE II
Où V05 voix , si souvent se mêlant à mes pleurs. De la triste Sion célèbrent les malheurs.
UKE ISRAÉLITE chante seule.
Déplorable Sion , qu'as-tu fait de ta gloire ? • Tout l'univers admirait ta splendeur.
Tu n'es plus que poussière ; et de cette grandeur
Il ne nous reste plus que la triste mémoire.
Sion , jusques au ciel élevée autrefois ,
Jusqu'aux enfers maintenant abaissée ,
Puisse- je demeurer sans voix , * Si dans mes chants ta douleur retracée
Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée !
' Déplorable Sion , çu ^ as-tu fait de ta gloire ?
Ce n'est point ici une vaine déclamation sur le crime et la Tcrtu ; c'est l'e'panchement des cœurs sensibles, ce sont de* senlimens qui naissent naturellement du fond du sujet. Nonseulement ces chœurs sont très-beaux, mais Ils sont encore ce que nous avons de mieux dans le genre lyrique. Rousseau , dans ses Odes sacrces, a peut-être plus de force et d^ images que Racine ; maïs si l'on en excepte le cantique d'Ezéchias , il n'a point ce sentiment de'licleux, cette grâce touchante, qui sont l'ame de tous ces morceaux de poésie. L. B.
* Puissé-je demeurer sans voix , etc.
Adhcsrcat lingua me a faucibus mets , si non me minera fui ; si nonproposuero Jérusalem in principio latltioe meœ. Ps. CXXX^ I, V. 7, 8.
a3« ESTHER,
TOUT LE CHŒUR
O rives du Jourdain ! 6 champs aimés des cieux i Sacrés monts , fertiles Tallées Par cent miracles signalées !
Du doux pavs de nos aïeux Serons-nous toujours exilées T
TNE ISRAELITE SCllIc.
Quand verrai-je , ô Sion 1 relever tes rempart^ , Et de tes tours les magnifiques faites ? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes?
TOUT LE CHŒUR
O rives du Jourdain ! ô champs aimés des cieux ! Sacrés monts , fertiles vallées Par cent miracles signalées !
Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées ^
SCÈ>E III.