‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 105 sur 164 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Où V05 voix , si souvent se mêlant à mes pleurs. De la triste Sion célèbrent les malheurs.

UKE ISRAÉLITE chante seule.

Déplorable Sion , qu'as-tu fait de ta gloire ? • Tout l'univers admirait ta splendeur.

Tu n'es plus que poussière ; et de cette grandeur

Il ne nous reste plus que la triste mémoire.

Sion , jusques au ciel élevée autrefois ,

Jusqu'aux enfers maintenant abaissée ,

Puisse- je demeurer sans voix , * Si dans mes chants ta douleur retracée

Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée !

' Déplorable Sion , çu ^ as-tu fait de ta gloire ?

Ce n'est point ici une vaine déclamation sur le crime et la Tcrtu ; c'est l'e'panchement des cœurs sensibles, ce sont de* senlimens qui naissent naturellement du fond du sujet. Nonseulement ces chœurs sont très-beaux, mais Ils sont encore ce que nous avons de mieux dans le genre lyrique. Rousseau , dans ses Odes sacrces, a peut-être plus de force et d^ images que Racine ; maïs si l'on en excepte le cantique d'Ezéchias , il n'a point ce sentiment de'licleux, cette grâce touchante, qui sont l'ame de tous ces morceaux de poésie. L. B.

* Puissé-je demeurer sans voix , etc.

Adhcsrcat lingua me a faucibus mets , si non me minera fui ; si nonproposuero Jérusalem in principio latltioe meœ. Ps. CXXX^ I, V. 7, 8.

a3« ESTHER,

TOUT LE CHŒUR

O rives du Jourdain ! 6 champs aimés des cieux i Sacrés monts , fertiles Tallées Par cent miracles signalées !

Du doux pavs de nos aïeux Serons-nous toujours exilées T

TNE ISRAELITE SCllIc.

Quand verrai-je , ô Sion 1 relever tes rempart^ , Et de tes tours les magnifiques faites ? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes?

TOUT LE CHŒUR

O rives du Jourdain ! ô champs aimés des cieux ! Sacrés monts , fertiles vallées Par cent miracles signalées !

Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées ^

SCÈ>E III.

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