‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 111 sur 164 · ACTE I, SCÈNE IV. 23q · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. 23q

Abolisse ton nom , ton peuple et ton autel. Ainsi donc un perfide , après tant de miracles , Pourrait anéantir la foi de tes oracles , Ravirait aux mortels le plus cher de tes dons , Le saint que tu promets , et que nous attendons ! Non , non , ne souffre pas que ces peuples farouches Ivres de notre sang , ferment les seid.es bouches , Qiu dans tout l'univers célèbrent les bienfaits ; Et confonds tous ces dieux qui ne furent jamais. Pour moi , que tu retiens parmi ces infidèles , Tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles, ' Et que je mets au rang des profanations Leur table , leurs festins et leurs libations ; Que même cette pompe où je suis condamnée ,

' Tu sais combien je hais leurs fêles criminelles , etc.

« Vous savez, Seigneur, que je hais la gloire des infidèles , » que j'abhorre toute alliance avec les incirconcis , etc. ; vous » savez aussi que , dans le tems où je dois porter la couronne , » je déteste le signe force' de mon élévation, que je la mets au- » dessous des choses les plus viles , qu'on ne la voit point sur » ma tête dans les jours que je puis consacrer à la retraite. » Vous ne m'avez point vue , ô mon Dieu ! assise à la table » d'Aman ; je n'ai jamais pris plaisir aux festins du roi ; je n'ai » point bu dans la coupe sncrilége qu'on avait offerte aux idoles ; » enfin, depuis que vous m'avez conduite dans ce palais jusqu'à )> présent , vous savez , ô Seigneur Dieu d'Abraham ! que je » ne me suis jamais réjouie qu'en vous. » Estker , chap. XIV, V. i6, lyetiS. L. B.

24o ESTHER,

Ce bandeau dont il faut que Je paraisse ornée Dans ces jours solennels à l'orgueil dédiés, Seule et dans le secret je le foide à mes pieds ; Qu'à ces vains ornemens je préfère la cendi'e , Et n'ai de goût qu'aux pleurs que tu me vois répandre. J'attendais le moment marqué dans ton arrêt , Pour oser de ton peuple embrasser Tintérêt. Ce moment est venu ; ma prompte obéissance Va d'un roi redoutable affronter la présence. C'est pour toi que je marclie : accompagne mes pas' Devant ce fier lion qui ne te connaît pas. Commande en me voyant que son courroux s'apaise , Et prête à mes discours xm charme qui lui plaise. Les orages , les vents , les deux te sont soumis : Tourne enfin sa fureur contre nos ennemis.

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