‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 113 sur 164 · LA MEME ISRAÉLITE · texte numérisé non relu

LA MEME ISRAÉLITE

Faibles agneaux livrés à des loups furieux , Nos soupirs sont nos seules armes.

TOUT LE CHŒUR

O mortelles alarmes !

UNE ISRAÉLITE

Arrachons, déchirons tous ces vains ornemens Qui parent notre tête.

» cette fermeté généreuse , ces paroles toucliantes qui peuvent » calmer à mon approche ce lion furieux. » Esther, chap. XIV, V. j2 et i3. L. B.

ll['2 ESÏIIER,

UNE AUTRE

Revêtons- nous cVhabilleraens Conformes à Thorrible fête Que l'impie Aman nous apprête.

TOUT LE CHŒUR

Arrachons , déchirons tons ces vains ornements Qui parent notre tête.

UNE ISRAÉLITE seule.

Quel carnage de toutes parts!

On égorge à la fois les enfans , les vieillards , Et la sœur et le frère , Et la fille et la mère , Le fils dans les bras de son père î Que de corps entassés , que de membres épars , ' Privés de sépulture !

Grand Dieu , tes saints sont la pàlure Des tigres et des léopards.

Que tic corps entassés ! etc.

Nous n'avons point en France de morceau plus précis, plus pittoresque et plus passionné : le génie de Racine était si souple , qu'il y avait peu de genre où il n'eût excellé. Ce chœur et tous les autri^s sont une preuve rpie , s'il eut composé des odes, j]eùt été un très-grand po"te lyrit|ue. Romarcjiiez encore que la variété de la mesure et des vers donne à ce morceau une lurmouie admirable. L. Vi-

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