‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 114 sur 164 · U^•E DES PLUS JEUNES ISRAELITES · texte numérisé non relu

U^•E DES PLUS JEUNES ISRAELITES

Hélas ! si jeune encore.

Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur? Ma yie à peine a commencé d'éclore :

Je tomberai comme une fleur Qui n'a vu qu'une aurore.

Hélas ! si jeune encore , ' Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur ?

UNE A U T R E

Des offenses d'autrui malheureuses victimes , Que nous servent , hélas ! ces regrets superflus ? Nos pères ont péché , nos pères ne sont plus , Et nous portons la peine de leurs crimes.

TOUT LE CHŒUR

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats : Non, non, il ne souffrira pas Qu'on égorge ainsi l'innocence.

UNE ISRAÉLITE seule.

Hé quoi! dirait l'impiété,

' Hclas . si jeune encore , etc.

La répétition de ces deux vers est touchante. Racine ne se contente pas de varier la mesure de ses vers , il varie aussi le ton. Après la peinture horrible du carnage , il peint un enfant qui se plaint. Ces différens contrastes servent beaucoup à auijner le style. L. B.

Où donc est-il ce Dieu si redouta Dont Israël nous vantait la puissance ?

UNE AUTRE

Ce Diea jaloux , ce Dieu victorieux , Frémissez , peuples de la terre ,

Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux,

Est le seul qui commande aux cieux, ÎJi les éclairs ni le tonnerre N'obéissent point à vos dieux.

UNE AUTRE

Il renverse l'audacieux.

UÎ?E AUTRE.

Il prend l'humble sous sa défense.

TOUT LE CHŒUR

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats : Non , non , il ne souffrira pas Qu'on égorge ainsi l'innocence.

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