‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 128 sur 164 · ACTE II, SCÈNE T · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE T

Et lui-même marchant en habits magnifiques , Criât à haute voix dans les places publiques : •t Mortels , prosternez- vous. Cest ainsi que le roi 3> Honore le mérite, et couronne la foi. »

ASSUÉRUS

Je vois que la sagesse elle-même t'inspire :

Avec mes volontés ton sentiment conspire.

Va, ne perds point de tems. Ce que tu m'as dicté,

Je veux de point en point qu'il soit exécuté : '

La vertu dans l'oubli ne sera plus cachée.

Aux portes du palais prends le Juif Mardochée ; *

' Fa , ne perds point de tems. Ce çue tu m ^as dicté , Je veux de point en point qu'il soif exécuté.

« Allez, dit de même Assue'rus à Aman , prenez mes yéts- 7> mens royaux et le cheval que je monte, faites rendre à Mai- » dochée les honneurs que vous avez prescrits .... Preuezgarde » d'omettre aucune des circonstances dont vous avez pre'tendu » accompagner ce triomphe. » Est/ier , chap. VI, v. lo. Jo~ sephe , Antiq. Judaïq. liv. XI , chap. 6. L. B.

* Aux paries du palais prends le Juif Mardochée.

11 n'y a point d'exemple dans aucune histoire , d'un orgueil plus profondément humilie' , ni d'une punition appiique'e plus iuste à la faute. Mais aussi le fait et la narration sont originairement du même auteur, de celui qui ne hait rien tant que l'orgueil.

Odit Dominas oculos sublimes,

Saiomon.

C'est lui que je prétends honorer aujourd'hui. Ordonne son triomphe , et marche devant lui ; Que Siize par ta voix de son nom retentisse, Et fais à son aspect que tout genou fléchisse. Sortez tous.

AMAN, à part.

Dieux î

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