ACTE II, SCÈNE IX
UNE AUTRE seule. Le booheur de l'impie est toujours agité : Il erre à la merci de sa propre inconstance. Ne cherchons la félicité Que dans la paix de l'innocence.
LA MÊME, flfec une autre.
O douce paix. !
O lumière éternelle!
Beauté toujours nouvelle!
Heureux le cœur épris de tes attraits ! O douce paix !
O lumière éternelle!
Heureux le cœur qui ne te perd jamais î
LE CHŒUR
O douce paix!
O lumière éternelle!
Beauté toujours nouvelle !
O douce paix !
Heureux le cœur qui ne te perd jamais !
LA MÊME, seule.
Nulle paix pour l'impie : il la cherche, elle fuit; Et le calme en son cœur ne trouve point de place. '
' £/ le calme en son cœur ne trouve point de place.
Impii au te m quasi mare ferveus quocJ gaies cere non potcst , a dit Isaie ; et plus bas : non est pax impiis, Chap. LYIl , y. 20, 21 J XLVUI, v.aa.L.B.
28o ESTHER,
Le glaive au dehors le poursuit ; Le remords au dedans le glace. *
TNE AUTRE.
La gloire des médians en un moment s'éteint; L'affreux tombeau pour jamais les dévore. Il n'en est pas ainsi de celui qui te craint ; Il renaîtra , mon Dieu , plus brillant que l'aurore.
LE CHŒUR
O douce paix î Hem'eux le cœur qvii ne te perd jamais !
ÉLISE, sans chanter.
Mes sœurs , j 'entends du bruit dans la chambre prochaine . On nous appelle ; allons rejoindre notre reine. '
* Ze gluit>c au dehors le poursuit ;
Le remords au dedans le glace.
Foris gladius et inths pavor. Canticum Moysi , Deut. XXXII, V. 39.
' On nous appelle ; allons rejoindre notre reine.
C'est ici principalement que nous devons admirer l'adresse aACc laquelle Racine a su lier ses chœurs avec l'action. Les tragiques anciens, à l'exception de Sophocle , n'ont point atteint à ce genre de perfection. Le chœur , selon la remarque de M. de Yoltaire , remplissait chez eux « l'intervalle des actes, et parais- » sait toujours sur la scène. Il y avait en cela plus d'un incon- » venienl ; car, ou il parlait dans les entre-aclts de ce quis'e'lait » passé dans les actes pre'ce'dens , et c'était une répétition fati-