ACTE 1, SCÈNE III
Vous mourûtes aux. bords où voua fûtes lalsse'e !
Que faites-vous , madame ? Et quel mortel ennui Contre tout votre sang vous anime aujourd'liui ?
PHÈDRE
Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable Je péris la dernière et la plus miséi-able. "
Aimez-vous? ^
dans le poé'te français : « O ma fille ! qu'avez-vous ? Pourquoi » faites-vous des imprécations contre votre sang ? » Hippolytc , acte II , scène 2. L. B.
' Je péris la dernière cf la plus misérable.
Dans Euripide, Phèdre dit aussi : Je suis la troisième d'entre mes sœurs qui péris misérablement. Hippolyfe , acte II, scène 1. Cette idée se trouve exprimée d'une manière bien plus forte dans \ Antigone de Sophocle. Antigone , condamnée à mourir, passe en revue tous les malheurs de sa maison ; elle s'écrie ensuite : 71? péris donc la dernière et la plus misérable de ce sang malheureux. Acte IV , scène 2. Racine a rendu mot pour mot cette pensée , sans peut-être s'en être aperçu, tant il avait l'esprit nourri des tours de Sophocle et d'Euripide. L. B.
^ Aimez-vous ? etc.
Racine s'est ici écarté de son modèle ; mais il est dans cet endroit bien supérieur au poé'te grec. Phèdre a dit « qu'ellq. » était la troisième de ses sœurs qui périssait malheureusement.»
48 PHÈDRE
PHEDRE
De l'amour j'ai tovites les fureurs.
La confidente dit à part : « Je suis tout interdite ; que va-telle » me dire ?
PHÈDRE
5> Tu vois que ce n'est pas d'aujourd'hui que nous sommes » malheureuses.
LA CONFIDENTE
>) Je n'en connais pas mieux ce que je veux apprendre de » vous.
PHÈDRE
» Que ne peux-tu me dire toi-même ce qu'il faut que je te
» déclare
LA CONFIDENTE
» Je n'ai point le don de deviner de pareilles obscurités.
PHÈDRE
» Qu'est-ce qu'on appelle amour parmi les hommes? LA CONFIDENTE.
» Ma fille , c'est le plus agre'able et le plus douloureux de nos » sentimens.
PHÈDRE
>> J'en ai déjà e'prouvé la douceur et les tourmens.
LA CONFIDENTE
)> Que dites-vous ? Vous aimez ?
PHÈDRE
» Quel est-il , ce fils de l'Amazone ?
LA CONFIDENTE
» Hippolyte.
PHÈDRE
» C'est toi au moins , et non pas moi , qui l'as nommé. >> Hippolyte, acte II, scène 2.