SCÈNE PREMIÈRE
PHÈDRE, OENONE
PHÈDRE
Ah ! que l'on porte ailletirs les honneurs qu'on m'envoie. Importune , peux-tu souhaiter qu'on me voie ? De quoi viens-tu flatter mon esprit désolé ? Cache-moi hien plutôt; je n'ai que trop parlé.' Mes fureurs au dehors ont osé se répandre : J'ai dit ce que jamais on ne devait entendre. Ciel ! comme il m'écoutait ! Par combien de détour* L'insensible a loiig-tems éludé mes discours ! Comme il ne respirait qu'ime retraite prompte ! Et combien sa rougeur a redoublé ma honte !
* Cache-moi bien plutôt ; je n 'ai que trop parlé.
Ce qui intéresse le plus pour Phèdre , c'est l'horreur qu'elle a pour sa passion , à laquelle néanmoins elle revient toujours maigre' elle : ce sont ces flux et reflux d'amour et de remords qui se succèdent et se repoussent continuellement. Ce qu'on admire le plus aussi , c'est que la passion de Phèdre, toujours combattue par ses remords, n'en croit pas moins à chaque instant. L. B.