ACTE III, SCÈNE I
PHÈDRE
Quoique Scythe et barbare , elle a pourtant aimé.
ŒNONE
Il a pour tout le sexe une haine fatale.
Je ne me verrai point préférer de rivale. Enfin tous tes conseils ne sont plus de saison. Sers ma fureur , OEnone , et non point ma raison. Il oppose à l'amour un cœur inaccessUjle : Cherchons pour l'attaquer quelque endroit plus sensible. Les charmes d'un empire ont paru le toucher. Athènes l'attirait, il n'a pu s'en cacher; Déjà de ses vaisseaux la pointe était tournée , Et la voile flottait aux vents abiudonnée. Va trouver de ma part ce jeune ambitieux, Œnone ; fais briller la couronne à ses yeux. ' Qu'il mette sur son front le sacré diadème : Je ne veux que 1 honneur de l'attacher moi-même.
dit aussi : Hippolyte fuit toutes les femmes ; et Phèdre répond , comme dans Racine : J^e ne craindrai point de rii'ale. L. B.
* Fais briller la couronne à ses yeux.
Ce moyen inge'nieux est encore dû à Seneque.
Prenez , dit Phèdre dans le poëte latin , prenez le sceptre qui
m^est confié ; c'est à vous de régner Une femme ne doit point
remplir le trône de votre père. Hippolyte , acte II, scène 1 , v. 28. Cette proposition nous parait d'autant plus adroite , qu'elle prête à Phèdre une sorte d'espérance qui sert à prolonger sou illusion. L. B.
go PHÈDRE,
Cédons-lui ce pouvoir que je ne puis garder. Il instruira mon fils dans l'art de commander ; Peut-être il voudra bien lui tenir lieu de père : Je mets sous son pouvoir et le fils et la mère. Pour le fléchir enfin tente tovis les moyens. Tes discours trouveront plus d'accès que les miens. Presse , pleure , gémis ; peins-lui Phèdre mourante ; Ne rougis point de prendre une voix suppliante. Je t'avourai de tout ; je n'espère qu'en toi. Va : j'attends ton retour pour disposer de moi.