ACTE III, SCÈNE I
ŒNONE
ous l'osâtes bannir , vous n'osez l'éviter ?
1 n'est pltis tems : il sait mes ardeurs insensées.
3e l'austère pudeur les bornes sont passcos.
f'ai déclaré ma honte aux yeux de mon vainqueur;
Et l'espoir malgré moi s'est glissé dans mon cœur. *
Toi-même , rappelant ma force défaillante,
Et mon ame déjà sur mes lèvres eri*ante,
rouper le vers et de le varier , suivant rintention de la phrase, comme dans cet autre vers :
Si ma fille une fois met le pied dans l'Aulide ,
Elle est morte. Calchas , etc.
Mais dans chaque genre de beautés , on a cru ne devoir s'arrêter qu'à quelques exemples , et autant qu'il le fallait pour indiquer les autres.
* Et V espoir malgré moi s 'es/ glissé dans mon cœur.
Trait de ve'rité frappant dans la peinture des passions. C'est îci la première fois que Phèdre parle dV.f/'o//-; jusque-là elle ne voulait que mourir. Elle a fait le premier pas ; elle ne peut plus s'arrêter. Voilà pour la partie morale. Pour la partie diamatique , observez que ce beau de'veloppement d'espérance qui va suivre , sert à varier les effets dans une même situation ; ce qui est essentiel pour sauver l'uniformitti d'une plainte continue , et amener les allematives indispensables au théâtre. Celte théorie n'est connue que des excellens artistes , et pas un n'y a manque ; c'est une des principales sources d'intérêt.
88 PHÈDRE
Par tes conseils flatteurs tu m'as su ranimer;
Tu m'as fait, entrevoir que je pouvais l'aimer.
Hélas ! de vos malheurs innocente ou coupable , De quoi pour vous sauver n'étais-je point capable? Mais si jamais l'offense irrita vos esprits , Pouvez- vous d'un superbe oublier les mépris? Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Tous lai sait à ses pieds, peu s'en faut prosternée! Que sou farouche orgueil le rendait odieux ! Que Phèdre en ce moment n'avait-elle mes yeux !
PHÈDRE
OEnone, il peut quitter cet orgueil qui le blesse. Nourri dans les forêts , il en a la rudesse. Hippolytc , endurci par de sauvages lois , Entend pari, r d'amour pour la première fois. Pfut-êlre sa surprise a causé son silence, Et nos plaintes peut-être ont trop de violence.
Songez qu'une barbare en son sein l'a formé. '
' Songez qu'une barbare en son sein Fa formé ■, etc.
Imitation de Sénèque : Sachez qu'il est du sang des Amazones
Ilippolyte , acte I, scène 2 « Jetez un coup-d'œil sur les
» états des Amazones : toutes féroces que sont ces femmes guer- )) rières , elles sont sensibles au pouvoir de Vénus. » Ibid. acte II , scène i.
Dans l'acte premier, scène 2 de la même pièce, la confidente