SCÈNE lY
PHDÈRE, THÉSÉE.
PHÈDRE
Seigneur , je viens à vous , pleine d'un juste effroi ; Totre voix redoutable a passé jusqu'à moi. Je crains qu'an prompt effet n'ait suivi la menace. S'il en est tems encore , épargnez votre race ; Respectez votre sang ; j'ose vous en prier. Sauvez-moi de l'horreur de l'entendre crier; Ne me préparez point la douleur éternelle De l'avoir fait répandre à la main paternelle.
THÉSÉE
Non , madame, en mon sang ma main n'a point trempé. Mais l'ingrat toutefois ne m'est point échappé. Une immortelle main de sa perte est chargée; Neptune me la doit ; et vous serez vengée.
PHÈDRE
Neptune vous la doit ! Quoi! vos vœux irrités...
THÉSÉE
Quoi ! craignez-vous déjà qu'ils ne soient écoutés ? Joignez-vous bien plutôt à mes vœux légitimes. Dans toute leur noirceur retracez-moi ses crimes ; Echauffez mes transports trop Icnls , trop retenus. Tous ses crimes eucor ne vous sont pas connus. Sa fureur contre vous se répand eu injures;