ACTE V, SCÈNE I. l3l
A nos amis conimiins portons nos jnstes cris.
Ne souffrons pas que Phèdre , assemblant nos débris ,
Du trône paternel nous chasse l'un et l'autre,
Et promette à son fils ma dépouille et la yôlre.
L'occasion est belle , il la faut embrasser. . .
Quelle pr>ur vous retient ? vous semblez balancer î
\otre seul intérêt m'inspire cette audace.
Quand je suis tout de feu, d'où vous vient cette glace ? *
Sur les pas d'un banni craignez-vous de marcher ?
ARICIE
Hélas ! qu'un tel exil , seigneur , me serait cher ! Dans quels ravissemens , à votre sort liée , Du reste des mortels je vivrais oubliée ! Mais, n'étant point unis par un lien si doux, Me puis-je avec honneur dérober avec vous? Je sais que , sans blesser l'honneur le plus sévère , Je me pviis affranchir des mains de votre père : Ce n'est point m'arracher du sein de mes parens ; Et la fuite est permise à qui fuit ses tjrans.
la pensée de Racine , et n'a rien de commun avec celle des motifs et des re'sultats , si essentielle dans le drame et dont il a étii souvent question dans ce commentaire.
* Quand je suis tout de feu, d'où vous vient cette glace ?
Comme il n'y a point d'auteur plus sobre d'antithèses que Racine , on peut dire que celle-là e^.t assez commune pour qu'il ait dû n'en pas faire usage.
l32 PHÈDRE,
Mais vous m'aimez , seigneur ; et ma gloire alarmée....