SCÈNE IL HIPPOLYTE, THÉRAMÈNE, ŒNONE
ŒNONE
Hélas! seigneur, quel trouble au mien peut èlre e'gal ?
remarquée. L'omour d'HIppoIyle est suffisamment entrevu par le spectateur , pour le préparer à la déclaration qu'i! entendra au second acte , et qui ne ressemblera pas à ces déclarations subites et imprévues si fréquentes sur notre théâtre , et malheureusement d'après l'exemple de Corneille : c'est une faute grave que Racine n'a jamais commise. Il savait trop bien que , dans le drame tout exige des préparations , et que rien sur-tout n'est si ridicule qu'un amour qui tombe , pour ainsi dire , des nues, comme celui de Maxime, au quatrième arte de Cinna.
De plus, HIppolyte laisse deviner son amour, et ne l'avoue pas : il ne l'avouera que devant Aricie , et au moment de se séparer d'elle. Il convenait que le sauvage Hippolyle regardât comme une faiblesse l'amour même le plus soumis aux lois de 1 innocence , et qui d'ailleurs est uue désobéissance à son père , dont il lui demandera pardon. Toutes les bienséances sont observées.
34 PHÈDRE
La reine touche presque à son terme fatal. En vain à Tobserver jour et nuit je m'attache ; Elle meurt dans mes bras tFun mal qu'elle me cache. Un désordre éternel règne dans son esprit. Son chagrin inquiet l'arrache de son lit; Elle veut voir le jour , et sa douleur profonde M'ordonne toutefois d'écarter tout le monde... Elle vient.
lUPPOLYTE.
Il suffit : je la laisse en ces lieux , Et ne lui montre point un visage odieux. '