ACTE PREMIER
Vénus ouvre la scène. Elle se plaint qu'Hippolyte a toujours dédaigné ses autels pour offrir
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tous ses hommages à Diane : elle annonce qu'elle va profiter, pour le perdre, de Tamour qu'elle a su inspirer à Phèdre pour lui ; elle raconte alors la manière dont cet amour se forma , les efforts de Phèdre pour s'opposer à ses progrès, les moyens qui ont le plus servi à Tentretenir, les circonstances qui contribuent encore à le fomenter. Comme elle est persuadée que The'sée punira son fils, elle s'applaudit déjà de la perte de ce jeune prince.
Dans ce moment Hippolyte arrive de la chasse en chantant, avec sa suite, des hymnes en l'honneur de la chaste Diane : il présente à cette déesse une couronne; il la prie de lui faire passer le reste de ses jours dans l'innocence et la chasteté.
Un officier du palais, témoin de celte prière, s'approche alors d'Hippolvte : il paraît étonné qu'il n'ait pas encore invoqué la déesse de l'amour,
Ique ses ancêtres ont choisie pour leur divinité luléiaire. Hippolyte lui dit que tous les hommes 3nt la liberté de choisir les objets de leur culte, |u'il a cru d'ailleurs ne devoir point honorer une livinité dont les mystères ne s'opèrent que dans es ténèbres II interrompt cet entrelien, pour
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dire aux persoiiBes de sa suite de se tenir prêtes à le suivre après son repas; il proteste en même tems à l'officier du palais, que Vénus peut chercher un autre adorateur que lui. Celui-ci frémit à cette impiété, et supplie Vénus de la pardonner à la jeunesse d'Hippolyte.
Le chœur, composé de femmes de Trézène , s'avance alors sur la scène : il raconte qu'une d'entre elles vient d'apprendre que Phèdre , atteinte d'un mal qu'elle s'obstine à cacher, veut finir sa destinée. La part qu'il prend au malheur de la reine, lui en fait rechercher la cause. Phèdre, pendant ce tems, croit trouver quelque diversion à ses chagrins, en changeant souvent de place; elle sort de son palais soutenue sur les bras de sa nourrice. Sa beauté flétrie, sa faiblesse, sa maigreur , annoncent toute la force du mal qui la dévore. Sa nourrice, désespérée de la voir en cet état, lui représente le tort qu'elle a de s'abandonner ainsi à sa douleur. Cette princesse , qui ne perd pas de vue un instant toute l'horreur de son penchant, répond à cette représentation par des cris de douleur qui ne servent qu'à attendrir la confidente, et qu'à lui faire redoubler sa curiosité.
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Phèdre n'oppose à son empressement que clés discours dont le désordre peint tout le trouble de son ame ; elle voudrait courir les bois et les montagnes, poursuivre un cerf, domter un cheval rebelle , puiser de l'eau dans une fontaine pour y étancher sa soif, etc. Plus son délire la fait parler, plus la nourrice lui recommande de ne point rendre le chœur confident de ses transports. Phèdre reconnaît alors qu'une divinité ennemie lui a fait perdre l'usage de sa raison: elle rougit de son indiscrétion ; elle demande son voile ,• elle s'en couvre le visage, et termine ainsi le premier acte.