‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 101 sur 264 · ACTE I, SCENE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. i

Paime : je viens chercher Hermione en ces lieux ,

La fléchir , Tenlever , ou mourir à ses yeux.

Toi qui connois Pyrrhus , que penses- tu qu'il fasse ?

Dans sa cour , dans son cœur, dis- moi ce qui se passe.

Mon Hermione encor le tient-elle asservi ?

Me rendra-t-il , Pylade , un bien qu'il m^a ravi ?

PYLÀDE.

Je vous abuserois si j'osois vous promettre Qu^entre vos mains , Seigneur , il voulût la remettre. Non que de sa conquête il paroisse flatté :

Pour la veuve dTïector-ses feux ont éclaté ; Il Faime. Mais enfin , cette veuve inhumaine N'a payé jusqu'ici son amour que de haine j Et chaque jour encore on lui voit tout tenter Pour fléchir sa captive ^ ou pour l'épouvanter. De son fila qu'il lui cache il menace la tête , Et fait couler des pleurs qu'aussitôt il arrête. Hermione elle-même a vu plus de cent fois Cet amant irrité revenir sous ses lois y Et , de ses vœux troublés lui rapportant l'hommage , Soupirer à ses pieds moins d'amour que de rage. Ainsi n'attendez pas que l'on puisse aujourd'hui Vous répondre d'un cœur si peu maître de lui. • Il peut , Seigneur , il peut ,.dans ce désordre extrême , Epouser ce qu'il hait, et punir ce qu'il aime.

O.RESTE

Mais dis-moi de quel œil Hermione peut voir Son hymen différé ^ ses charmes sans pouvoir ?

i66 ANDROMAQUE.

PYLADE

Hermione , Seigneur , au moins en apparence , Semble de son amant dédaigner Tinconstance , Et croit que trop heureux de fléchir sa rigueur , Il ]a viendra presser de reprendre son cœur.

Mais je Tai vue enfin me confier sed larmes.

Elle pleure en secret le mépris de ses charmes. Toujours prête à partir , et demeurant toujours , Quelquefois elle appelle Oreste à son secours.

oreste.

Ah 1 si je le croyois , j'irois bientôt , Pylade , Mejetw..,.

Achevé» , Seigneur , votre ambassade, Vous attendes le roi. Ps^le», et lui montrez Contre le fils d'Hector toùà les Grecs conjurés. Loin de leur accorder te fijs de sa maîtresse, Leur haine ne fera qu'irriter sa tendresse :

Plus on veut lèS brouiller, plus on va les unir. Presser > demander tout , pour life rien obtenir. D vient,

0AE8TÏ!.

* Hé bien , va donc disposer la cruelle

A revoir un amant qui ne vient que pour elle.

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