‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 110 sur 264 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

HERMIONE, ORESTE, CLÉONE

H£RMION£.

Le croirai-je , Seigneur , qu'un reste de tendresse Vous fasse ici chercher une triste princesse ? Ou ne dois-}e imputer qu'à votre seul devoir LTieureux empressement qui vous porte à me voir ?

Tel est de mon amour l'aveuglement funeste ,

Vous le savez , Madame ; et le destiïl d'Oreste

Est de venir sans cesse adorer vos attraits ,

Et de jurer toujours qu'il n'y viendra jamais.

Je sais que vos regards vont rouvrir mes blessures ;

Que tous mes pas vers vous sont autant de parjures :

Je le sais, j'en rougis. Mais j'atteste les dieux ,

Témoins de la fureur de mes derniers adieux ,

Que j'ai couru partout où ma perte certaine

Dégageoit mes serments et finissoit ma peine.

J'ai mendié la mort chez des peuples cruels

Qui n'apaisoie^t leurs dieux que du sang des mortels :

Ils m'ont fermé leurs temples ; et ces peuples barbares ,

De mon sang prodigué sont devenus avares.

Enfin je viens à vous , et je me vois réduit

A chercher dans vos yeux une mort qui me fuit.

Mon désespoir n'attend que leur indifiérence :

ACnPE II, SCBNE'II. i85

Ils n'ont qu'à m'interdire un ^^est^' d^^spéi^aMeê ;- Ils n'ont, jùmr a^y^ancer o^tfier^Oii b^ î»

Qu'à me dire tbie fois ce qci'ili^iii^eiit dît im^mpê. Voilà depùÎHun an le seul sein *qui in'aniifbe;^ Madame , eVfst à vous de prendre «me victime'' ' ' Que les Scythes auroièntdéroWeà vos cdt»|»^, '- ^ Si j'en avois trouvé d'aussi orbèls: qu'e vbus^ liliiJ.

' HÈRïrf'ïOîi^K;*--^^':'^- '•' -^'- ^' '- '"

Quittez , Seigneur , quittez cef funeste lan^e : A des soins pltis pressints'la (îrtcè 'voùS-èhçagè. ' Que parlez-vous du Scythe fet *é Aes cniatités^? ' Songez à tous ces Tois qiïè Vous .réprcsëftf ez?" ' Faut-il que d\itt tran8poi?t fetft'^éhgeàncè d^càïdë ? Est-ce le sang d'Oreste enfin qu'on vous demande ? Dég^ezrvous des soins dpp^ vp!i^,0te$ ciaiugé. : . .

•.."...:.:: . OJBLESJPBiiii'.-/; ' ! i .v,^.. . . ....

Les refus de Pyrrhus m'oiit. apssez .d^;iigéy n . ^ w- > Madame : il: me renvoie ^i^^udio^ àulseï puissance Lui &it du fils d'Hector .ep^l^asser la défense.

L'infidèle.!.

ORfiSTEi^

. i Aiàaî jdono j toiitipqpêfciLi Ici quitter *^ :: . Sur mon propre destin je viens vous, oonâulter^ - Déjà même je crois entende, la réponse Qu'en secret contrée moi XQtpe haine prononce.

Hé quoi ! toujours injuste pn.yrâ.tristes .discours , De mon inimitié vous plaiadrei-Yous tou jouiis ? .

184 ANPROMAQUE.

Queltetert cette. FigiAQur. tent jle foi'a «IJéguée ? «Tai^paséié ^clans l'Epire où-j'étois. jceléguée ; . BDon *pjèr<9! Toi^oiotiioitt : s^ak qui sait .sitlepuis . . Je n'^iifpio'tieii: a!9Qi?et-p£urtagé vos ennuûi ? Vens^frilnm^ ayoir 30ul éprouvé >deè alarmes ; Que J^JBpir^ .janwlMk efftit ii{u cpuler i»eô larmes ? Enfin ^ ^quÎTVQua a îdit ;qiie ^ jû^iffcé -laoïv devoir , Je n^ai pas quelquefois .^QVibiaité de vous voir ?

SouJ;iait^ .^^. pxe yoir. J ^ l divine princesse^ ... . Mais.{,dfV^ace y.est-CQ à «foi qu^ gq (li^PQuts s'aclr^pse ? Ouvrœ yos jeux, ;30i;ig^ qu'Oife»^ est devant vous , Oreste.j.silongrrteinps']fQb)etd<^^^l^ /

Oui^cîeSt V^ous,dont l^uttibur niâissatitavecléùrs charmes,' Leur apprit le premi^ le pouvoir de leurs armes j Vous , que mille vertus' me forçaient d^estimer ; Vous ;r que fm plaint; >eiifin que je voudrois aimer.

* : ^ • ■ '*ic>HE'STE« ^ ■> ^-^1 i' '

Je vous entends. Tel est mon partage funeste :

Le cœur est pour Pyrrhus, et les vœux pour Oreàte.

HERMÏONE.

Ah ! ne souhaites pa& le destin de Pyrrhus :

Je vous haïroia trop;

• ÔRESTE.

Vous m'en aimeriez plus.

Ah ! que vous me verriez d'un regaid bien contraire ! Vous me voulez aimer , et je ne puis vous plaire ; Et l'amour seul alors se faislùit obéir ,

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