‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 109 sur 264 · ACTE II, SC^NE I. i8i · texte numérisé non relu

ACTE II, SC^NE I. i8i

Se plaisent à troubler le pouvoir de vos charmes , Et qu^un cœur accablé de ts^nt de déplaisira , De son persécuteur ait brigué les soupirs ?

Voyez si sa douleur eu paijoJt soulagée :

Pourquoi donc les chagrins où son ame est plongée ? Contre un amant qui plsdt pourquoi tant de fierté?

HERMIOKE.

Hélas ! pour mon malheur , je l'ai trop .écouté.

Je n'ai point du silence affecté le mystère :

Je croyois , sans péril , pouvojb: être sincère j

Et , sans armer mes yeux d'un moment de rigueur ,

Je n'ai , pour lui parler , consulté que mon cœur.

Et qui ne se sieroit , comme moi , déclarée

Sur la foi d'une ampur si saintement jurée?

Me voyoit-il de l'qçil qu'il me voit aujourd'hui ?

Tu t'en souviens encor , tout conspiroit pour lui :

Ma Ëimille vengée , et les Grec3 dans la joie ,

Nos vaisseaux tout chargés des dépouilles de Trpie ,

Les exploits de son père effacés par les siens ,

Ses feux que. je croyois plus ardents que les miens ,

Mon cœur , toi-même enfin de sa gloire éblouie ;

Avant qu'il me trahit , vous m'avez tous trahie.

Mais c'en est trop , Cléone ; et quel que soit Pyrrhus ,

Hermione est sensible , Orpste a des vertus :

Il sait aimer du moins , et même sans qu'on l'aime ;

Et peut--être il saura se faire aimer lui-même.

Allons, Qu'il vienne enfin.

Madame, le voici.

i8a ANDROMAQUE.

HERMIONE

Ah ! je ne croyoîs pas qu'il fût si près d'ici,

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