‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 121 sur 264 · ANDROMAQUE, HERMIONE, CLÉONE · texte numérisé non relu

ANDROMAQUE, HERMIONE, CLÉONE

CÉPHISE

ANDKOMAQUE.

OÙ fuyez-vous , Madame ?

N'est-ce point à vos yeux un spectacle assez doux. Que la veuve d'Hector pleurante à vos genoux ? Je ne viens point ici , par de jalouses larmes , Vous envier un cœur qui se rend à vos charmes. Par une main cruelle , hélas ! fax vu percer Le seul où mes regards prétenddient s^adresser. Ma flamme par Hector fut jadis allumée ; Avec lui dans la tombe elle s'est enfermée.' Mais il me reste un fils. Vous saurez quelque jour , Madame , pour un fils jusqu'où va notre amour : Mais vous ne saurez pas , du moins je le souhaite , En quel trouble mortel son intérêt nous jette , Lorsque , de tant de biens qui pouvoient nous flatter , C'est le seul qui nous reste, et qu'on veut nous l'ôter. Hélas ! lorsque , lassés de dix ans de misère , Les Troyens en courroux menaçoient votre mère , J'ai su de mon Hector lui procurer l'appui : Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j'ai pu sur lui. Que craint-on d'un enfant qui survit à sa perte ? Laissez-moi le cacher en quelque île déserte. Sur les soins de sa mère oi^ peut s'çn assurer j .

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