‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 143 sur 264 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

Andromaque, au travers de mille cris de joie,. Porte jusqu'aux autels le souvenit' de Troie j Incapable toujours d'aimer et de haïr , Sans joie et sans murmure elle semble obéir.

HERMIONE

Et Fingrat? jusqu'au bout il a poussé l'outi'age? Mais as-tu bien , Cléone , observé son visage ? Tt Goûte-t-il des plaisirs tranquilles et parfaits? JVa-t-il point détourné ses yeux vers le palais ? Dis-moi , ne t'es-tu point présentée à sa vue ? L'ingrat a-t-il rougi lorsqu'il l'a reconnue? Son trouble avouoit-il son infidélité ?

A-t-il jusqu^à la fin soutenu sa fierté ?

CliÉOKE.

Madame, il ne voit rien. Son salut et sa gloire Semblent être avec vous sortis de sa mémoire. Sans songer qui le suit, ennemis ou sujets , Il poursuit seulement ses amoureux projets.

Autour du fils d'Hector il a rangé sa garde , Et croit que c'est lui seul que le péril regarde. Phœnix même en répond , qui Fa conduit exprès Dans un fort éloigné du temple et du palais.

Voilà , dans ses transports , le seul soin qui lui reste.

HERMIONE

Le perfide ! il mourra. Mais que t'a dit Oreste?

CliÉONE.

Oréste , avec ses Grecs , dans le temple est entré.

HERMIONE

Hé bien ! à me venger n'est-il pas préparé?

228 ANDBLOMAQUÊ,

GliÉONE.

Je ne sais.

HERMIONE

Tu ne sais ! Quoi donc ! Oreste encore, Oreste me trahit?

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