ACTE III, SCENE IIL
PETIT JEAK.
Hé! le cheval!
liB SOUFFIiEUR
Encor?
PETIT JEAN
Encor?
liE SOUFFIiEUR.
Le chien !
PETIT JEAN
Le chien !
liE SOUFFIiEUR.
Le butor !
PETIT JEAN
Le butor !
liE SOUFFIiEUR.
Peste de l'avocat !
PETIT JEAN
Ah! peste de toi-même !
Voyez cet autre avec sa fece de carême !
Va-tren au diable.
BANBIN.
Et vous , venez au fait. Un mot Du fait.
PETIT JEAN
Hé ! faut-il tant tourner autour du pot?
Ils me font dire aussi des mots longs d'une toise , De grands mots qui tiendroient d'ici jusqu'à Pontoise. Pour moi, je ne sais point tant faire de façon Pour dire qu'uii mâtin vient de prendre un chapon.
3ôo LES PLAIDEURS.
Tant y a qu'il n'est rien que votre chien ne prenne ; Qu'il a mangé là-bas un bon chapon du Maine ; Que la première fois que je l'y trouverai, Son procès est tout fait , et je l'assommerai.
Belle conclusion , et digne de l'exorde !
PETIT JEAN
Onl'entend bien toujours. Qui voudra mordre y morde.
DAMDIN.
Appelez les témoins;
liÉANDKE.
C'est bien dit, s'il le peut :
Les témoins sont fort chers, et n'en a pas qui veut,
PETIT JEAN
Nous en avons pourtant, et qui sont sans reproche,
DANDIN
Faites-les donc venir.
PETIT JEAN
Je les ai dans ma poche.
Tenez, voilà la tête et les pieds du chapon j Voyez-les, et jugez.
li'iNTIMÉ.
Je les récuse.
DANDIN
Bon I Pourquoi les jrécuser ?
L'INTIMÉ
Monsieur , ils sont du Maine.