‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 223 sur 264 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

A6RIPPINE, BURRHUS, ALBINE.

AGRIPPINE

Hé bien ! j e me tro:Qipois , B urrhus , dans mes soupçons ? Et vous vous signalez par d'illustres leçons ! On exile Pallas , dont le crime peut-être Est d'avoir à l'empire élevé votre maître.

Vous le savez trop bien j jamais, sans ses avis, Claude qu'il gouvemoit n'eût adopté mon fils. Que dis-je? à son épouse on donne une rivale j On affranchit Néron de la foi conjugale :

Z6o . BRITANNICUS,

Digne emploi d'un ministre ennemi des flattdwrs r Choisi pour mettre un frein à ses jeunes ardeursf , De les flatter lui-même , et nourrir ds^ns son ame Le mépris de sa mère et Foubli de sa fenune !

•' BURRHUS

Madame, jusqu^ici c'est trop tôtm'accuser.

L'empereur n'a rien fait qu'on ne puisse excuser.

N'imputez qu'à Pallas un exil nécessaire :

Son orgueil dès longtemps exigeoit ce salaire ;

Et l'eippéreur n'a fait qu'accomplir à regret

Ce que toute la cour dèmandoit en secret.

Le reste est un malheur qui n'est point sans ressource :

Des larmes d'Octavie on peut tarir la source.

Mais calmez vos transports. Par un chemin plus doux

Votis lui pourrez plutôt ramener son époux :

Les menaces , les cris le rendront plus farouche.

Ah ! l'on s'efforce en vain de me fermer la bouche* Je vois que mon silence irrite vos dédains ; Et c'est trop respecter l'ouvrage de mes mains. Pallas n'emporte pas tout l'appui d'Agrippine ; Le ciel m'en laisse assez pour venger ma ruine. Le £Qs de Claudius commence à ressentir Des crime» dont je n'ai que le seul repentir. J'ii-ai , n'en doutez point, le montrer à l'armée, Plaindre aux yeux des soldats son enfance opprimée , Leur faire , à mon exemple, expier leuf erteur. Oii verra d'un côté le fils d'un empereur Redemandant la foi jurée à sa famille ,

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