‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 240 sur 264 · NÉRO · texte numérisé non relu

NÉRO

Burrhus! .

*Be votre.bouche , o ciel ! puis-jç l'apprendre ? Vous-même, sans j^mir^ avez-vous. pu rentendre ? Songez-^ous dans quel sang vous allez vous baignçr ? Néron dans tous les cœui;« est-il las, de régner.?. . Que dira-t-on de vous ? Quelleest votre penséfe ? \

Quoi! toujouTs en<shaîtié; de >iia gloire passée j J'autai devant lés yeux j^ nje saià quel aniour- Que le hasard -nous donné* et rldtis ôtè en u<i 'Jour? Soumis à tous leurs vœux , à mes désirs conti*aîre , Suis-je leur eîftpèreur Seulement pour leur -plaire?

BURRHUS.'

Et ne suffit-3 pas , Seigiieiir . à vos souhaits Que le bonheur public soif un de vos bienfaits ? .. C'est à vous à choisir , vous .êtes encor maître. Vertueux/ juscju'ici'^ voiis pouvez toujours Fêtre: Le chemin est trace, rièri iie vous retient plus;' Vous n avez qû à marcher de vertus en vertus. SÉiis, si de fo3'flatteursvou$ suivez la maxime,

584 BRITANNICUS

Il vous faudra , Seigneur , courir de crime en crime; Soutenir vos rigueurs par d'autres cruautés , Et laver dans le sang vos bras ensanglantés.

Britannicus mourant excitera le zèle De ses amis , tout prêts à ptendre sa querelle. Ces vengeurs trouveront dé nouveaux défenseurs, Qui , même après leur mbrt , auront' des successeurs: Vous allumez un feu qui ne pourra déteindre.

Craint de tout Tunivers , il vous faudra tout craindre, Toujours punir , toujours trembler dans vois projets, Et pour vos ennemià compter tous vos sujets. " Àh ! de vos premiers ans ITieureusc expérience Vous fait-elle , Seigneur, îiaiïr votre innocence? Songez-vous-aubonheùr qui lès a signalés ?

Danscju^el repos, ô ciel! les ave^-votts'coulés? Qiiel plaisir de penser et dédire en vbiis-inême : <c Partout , en ce moment j on me bénit , on m'aime; <( On nç. voit point Ip peu^e à biaia jx^^vci, s'alarmer ; <c Le cieklans tous leurs pleUçs.nem'6i|tçjti.d point nomma ce Levïr<spmbre. inimitié ne^fuit poin,t raon yisage ; ce Je vois vokr partout les cœuKs à mon* passage » ? Tels étoieiït VOS: plaisirs» Quel changement, odieux! Le sarig le plus abject vous.ptcût précieux : Un jour , il m'en souvient, le i^nat équitable Vojas prçssoit de souscrire à la mort dfun coupable j Vous résistiez , Seign,eùr , à leur sévérité : . . Votre coeur s'accusoit de trop de cruauté :

Et , pUignant les malheurs attachés a rèmpix^e , Je voudrais ^ dîsîez-vdus , ne savoir pas écrire. Non , ou vous me croiresr , ou bien de j^e malheur

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