JOCASTE, ANTIGONE
JOCASTE
Hé bien , en est-ce fait ? L'un ou Fautre perfide Vient il d'exécuter son noble parricide ?
Parlez y parlez , ma fille.
ANTIGONE
Ah ! Madame , -en effet L'oracle est accompli , le ciel est satisfait.
JOCASTE
Quoi ! mes deux fils sont morts ?
ANTIGONE
Un autre sang , Madame , Repd la paix à Vétat , et le calme à votre ame ; Un sang digne dés rois dont il est découlé , Un héros pour l'état s'est lui-même immolé.
Je courois pour fléchir Hémon et Polynice :
Ils étoient déjà loin avant que je sortisse , Ils. ne m'entendoient plus , et mes cris douloureux Vainement par leurs noms les rappeloient tous deux» Ils ont tous deux volé vers le champ de bataille ; Et moi je suis montée au haut de la muraille , D^où le peuple étonné regardoit , comme moi , L'approche d'uti combat qui le glaçoit d'efiroi. A cet instant fittal y le dernier de nos princes y L'honneur de notre sang , Tespoir de nos provinces , Ménécée , en un mot , digne frère d'Hémon , Et trop indigne aussi d'être fils de Créon , De l'amour du pays montrant son ame atteinte , Au milieu des deux camps s'est avancé sans craintej Et se faisant ouïr des Grecs et des Thébains : ce Arrêtez , a-t-il dit , arrêtez , inhumains. » Ces mots impérieux n'ont point trouvé d'obstacle. Les soldats y étonnés de ce nouveau spectacle y