‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 258 sur 264 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

D»ANDROMAQUE

JxL ES personnages sont si fameux dans l'antiquité, que, pour peu qu'on la connoisse, on verra fort bien que je les ai rendus tels que ies anciens poètes nous les ont donnés.

Aussi n'ai- je pas pensé qu'il me fût permis de rien changer à leurs mœurs : toute la liberté que j'ai prise ,r c'a. été d'adoucir un peu la férocité de Pyrrhus, que Sénèque dans la Troade, et Virgile dans i'Eûéide, livre second, ont poussée beaucoup plus loin que je n'ai cru le deyoir faire.

Encore s'est-il trouvé des gens qui se sont plaints qu'il s'emportât contre Andromaque, et qu'il voulût épouser cette captive à quelque prix que ce fût. J'avoue qu'il n'est pas assez résigné à la volonté de sa maîtresse, et que Céladon a mieux connu que lui le

FRAGMENTS FANDROMAQUE. 4i i

-parfait'âmciuar. Mai^.ijuc faire? Fjvrhuà n'a*- TÔlt pàBrJa ]biasrromail9« Il étoit violeàt de soti naturel V et tous les héros ne soot >paâ faits

pourètre^dèajCéladona* ; -

Ouoi qu^il ëiiàôit, le puîilîc mV été trop favorable, pour m^ejïibài'fasser du chAgrin particulier de deux OU itàîs persôûûés qilî Vpudroiëht (Jù^ôn réfôi*ïttàt tous les héros dé l'antiquité, pour en faire dêà héros parfaits. Je trouve leur intention fort bonne , de vouloir qu'on ne mette sur la scène que des hommes impeccables : mais je les prie de se souvenir que ce n'est point a îtaoi de changer les règles du théâtre. Horace nous recommande de dépeindre Achille farouche, inexorable, violent, tel qu'il étoit, et tel qu'on dépeint son fils; et Aristote, bien éloigné de nous demander des héros parfaits, veut au contraire que les personnages tragiques, c'està-dire, ceux dont le malheur fait la catastrophe de la tragédie , ne soient ni tout-àfait bons, ni tout-à-fait méchants. Il ne veut pas qu'ils soient extrêmement bons, parce

4ia FRAGMENTS ITANBROMAQOir.

que la punition d^un homme vde bien excrteroit plutôt Pindighation que la pitié du spectateur ; ni qu'ils soient méchants avec excès p parce qu'on n'a point pitié d'un scé* lérat. Il faut donc qu'ils aient yne bonté mé* diocre^ c'est-à-dire, une vertu capable de foiblesse; et qu'ils tombent dans le malheur par quelque faute qui les fd;sse plaindre sans les faire détester.

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BRITANNIGUS.

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