‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 44 sur 264 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ANTIGONE

QUOI te ré30us-tu, princesse infortunée ?

Ta mère, yieiit de mourir daiis tes bras ;

Ne saurois-tu suivrç pes pas ,

Et finir , en mo orant , ta triste destinée ?

A de nouveaux maUieurs te veux-tu réserver?

Tes frères sont aux mains , rien ne les peut sauver

De. leurs cruelles, armes .

Leur exemple t'anime à te percer le flanc :

Et toi seule verses des larmes :

Tous les autres versent du sang.

Quelle est de mes malheurs l'extrémité mortelle ! Où nia douleur doit-dlç recourir ?

Dcôs^^je vivre t dois-^je mourir ? i ' .

Un amant nzejretiient, tcpemère m'appelle ;. • Dans la nuit du lombeâu^eJàlvois qui m'attend : Ce que veut lairaison , l'amoùj; me le défend ,

Et m'en ôte Ifenrvie; Que je vois de sujets d'abândonfièr le jouï" } • Mais, bêlas ! qu'ex» tient à k vie i^ Quand on tient ^ &rt à l'amour \ -

Oui , tu retiens , amour , inon ame fugitive : Je reconnois la voix de mon vainqueur.

Uespérance est morte en mon cœur ;

Et cependant tu vis ,~ et tu veux que je vive.

Tu dis que mon amant me suivroit au tombeau ;

Que je dois de mes jours conserver le flambeau

Pour sauver ce que j'aime.

Hémon , vois le poilvoii* que l'amour a sur moi :

Je ne vivrois pas pour moi-même , Et je veux bîerl vivre poiii^ toi.

Si jamais tu doutas de tnà. flamme fîdèle.V. . '

Mais voici du combat là funeste nouvelle.'

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