‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 45 sur 264 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ANTIGONE, OEY

MPE.

ANTIGONE

Hé bien , ma chère Olympe , as -tu vu ce forfait?

OliYMPE,

J'y suis courue en. vain ^ .c'en étoitdiâjiDltadtg < Du haut dehos rempsirto jfai vu descjsndre en larmes Le peuple qui couroit, et* qiuî ôrioitiauxâinses; Et paur Vaus direlenfiii d'où ^enoitBa tècreiir , Le roi n'est plus , Madame, .et 9gbl firèrë )Bst vainqueur. On parle aussi d'Hémbn; l'on ditquei don courage S'est efibrcé long^ tc»ip)» de aûspei;dre)Ieur)rage , ' Mais que tous ses efforta otit été superflus ; C'^st ce que j'ai compris de mille: bruits; confus.

JICTEV, SCENE IL 65

Àh ! je ri^eh doilte pas , Hémon est magnanime ;

Son grand cœur eut toujours trop d'horreur pour le crime :

Je Favois conjuré d'empêcher ce forfait;

Et s'il Ta voit pu faire , Olympe ^ il Fauroit fait.

Mais ,';h^laS;!;, leur fureur ne pouvoit se contraindre j

>P^|is des'^uissieaux de sang, elle youloit s'éteindre,

Princçs dér>^turé3 , vous voilà satisfaits !

La mort seule entre vous pouvoit mettre la paix.

Le trône pour vous deux avoit trop peu de place :

Il falloit entre vous mettre un plus grand espace ;

Et q^ue le ciel YÇUs mit, pour finir vos discords ,

L'un parmi les vivants, l'autre parmi les morts.

Infortunés tous deux , dignes qu'on vous déplore ,

Moins malheureux pourtant que je ne suis encore,

Puisque , de tous Içs maux qui sont tombés sur vous,

Vous n'en sentez aucun , et que je les seils tous !

OLYMPE

Mais pour vous ce mallieur est un moindre supplice ,• Que si là mort vous eût enlevé Polynice.

Ce prince était l'objet qui faisoit tous vos soins : Les intérêts du roi vous touchoient beaucoup moins.

AKTIGONE.

Il est vrai , je l'aimois d^une âtnitié sincère : Je l'aimois* beaucoup plus que je n'aimois son frère j Et ce quî'lui doïinoit tant de part dans mes vœux. Il étoit veftueux , Olympe , et mAlheureux.

Mais , hélas ! ce n'est plus ce, cœur si magnanime, Et c'est un orimin^l qu'q. couronné son crime : - I. 5

Son frère plus que Itd Gommence à me* toucher; Devenant malheureuse , il m'est devenu cher* .

OllTMFEw

Créon vient.

AKTIOONE,

Il est triste , et f en cdnnôis la cause.

Au courroux du vainqueur la mort du roi l'expose» C est de tous nos malheurs l'auteur pernicieux. *

Page 1