ACTE II, SCENE I. io
l^t disposez des rois , qu'épaigne son courroux , A recevoir un bien qu'ils ne doivent qu'à vous.
CliÉOFILE.
N^en doutez point , Seigneur , mon ame inquiétée ,
D'une crainte si juste est sans cesse agitée ;
Je tremble pour mon frère , et crains que son trépas ,
lyun ennemi si cher n'ensanglante le bras.
Mais en vain je ;n'oppose à Fardeur qui l'enfkmnl^ ;
Axiane et Pprus tyrannisent son ame ;
Les charmes d'une reine et l'exemple d'un roi ,
Dès que je yeux parler, s'élèvent contre moi.
Que n'ai-je point à craindre en ce désordre extrême?
Je crains, pour lui y je crains pour Alexandre même.
Je sais qu'en l'attaquant cent rois se sont perdus ,
Je sais tous ses exploits } mais je connois Porus.
Nos peuples , qu'on a vus triomphants à sa suite ,
Repousser les efiForts du Persan et du Scythe,
Et tout fiers des lauriers dont il les a chargés ^
Vaincront à son exemple , ou périront vengés»
Et je crains. .. •
ÉPHESTION
Ah ! quittez une crainte si vainej Laissez courir Porus où son malheur l'entraîne j Que l'Inde en sa Êiveur arme tous ses états ,. Et que le seul Taxile en détourne ses pas.
Mais les voici.
CliÉOFIIiE.
Seigneur, achevez votre ouvrage j Par vos sagesi conseib dissipez cet orage ;
to4 ALEXANDRE. '
Ou , s'il feut qu'il éelate, au moins souvenez- vous De. le £iire tomber sù-r d'autres que scœ itoùs,