ACTE III, SCENE IIL
AXIAKE.
Non , non , je ne sais point vendre mon amitié , Caresser un tyran et régner par pitié.
Penses-tu que j'imite une foible Persane ; Qu'à la cour d'Alexandre on retienne Axiane , Et qu'avec mon vainqueur courant tout l'univers , J'aille vanter partout la douceur de ses fers? S'il donne les états , qu'il te donne les nôtres. Qu'il te pare , s'il veut , des dépouilles des autres. Règne : Porus ni moi n'en serons point jaloux ; Et tu seras encor plus esclave que nous.
J'espère qu'Alexandre , amoureux de sa gloire , Et fâché que ton crime ait souillé sa victoire , S'en lavera bientôt par ton propre trépas.
Des traîtres comme toi font souvent des ingrats ; Et de quelques faveurs que sa main t'éblouisse y Du perfide Bessus r^arde le supplice.
Adieu.