ACTE V, SCENE IlL i5i
Aimez , et possédez l'avantage charmant De voir toute la terre adorer votre amant.
PORUS
Seigneur , jusqu'à ce jour Funivers en alarmes Me forçoit d'admirer le. bonheur de vos armes ; Mais ne rien ne me forçoit, en ce commun e&oi , De reconnoître en vous plus de vertu qu'en moi. Je me rends ; je vous cède une pleine victoire. Vos vertus, je l'avoue, égalent votre gloire. Allez , Seigneur , rangez l'univers sous vos lois j Il me verra moi-même appuyer vos exploits.
Je vous suis , et je crois devoir tout entreprendre Pour lui donner un maître aussi grand qu'Alexandre.
CliÉOFIIiE.
Seigneur, que vous peut dire un cœur triste , abattu? Je ne murmure point contre votre vertu.
Vous rendez à Porus la vie et la couronne ; Je veux croire qu'ainsi votre gloire l'ordonne. Mais ne me pressez point : en l'état où je suis , Je ne puis que me taire, et pleurer mes ennuis.
ALEXANDRE
Oui , Madame , pleurons un ami si fidèle; Faisons en soupirant éclater notre zèle ; Et qu'un tombeau superbe instruise l'avenir Et de votre douleur et de mon souvenir.