CLÉO FILE
l^/uoiî vous allez combattre un roi dont la puissance Semble forcer le ciel à prendre sa défense , * Sous qui toute l'A.sie a vu tomber ses rois, El qui tient la fortune attachée à ses lois! **
* Quoi! vous allez combattre , etc.
Il v a de l'enflure clans ce début. Une puissance qui semble forcer h ciel à prendre sa défense , est une idée à la fois recherchée et vague Ce sont de grands mots de peu de sens. Il y a dans cette même pièce quelques autres traces de ce défaut , l'un des plus étrangers au goût de l'auteur, et qui ne reparait plus dans la suite.
* * ht i/iu derit la fortune attachée à ses lois ? Attachée a ses lois n'est pas l'expression de l'idée ; le mot propre était soumise, assujettie.
Mon frère , ouvrez les yeux pour connaître Alexandre : Yoyez de toutes parts les trônes mis en cendre , Les peuples asservis , et les rois enchaînés ; Et prévenez les maux qui les ont entraînés.
T AXILE.
\ oulez-vous que , frappé dune crainte si basse,
Je présente la tète au joug qui nous menace ,
Et que j'entende dire aux peuples indiens
Que j'ai forgé moi-même et leurs fers et les miens ?
Quitterai-je Porus? Trahirai-je ces princes
Que rassemble le soin d'affranchir nos provinces,
Et qui, sans balancer sur un si noble choix,
Sauront également vivre ou mourir en rois?
En voyez-vous un seul qui , sans rien entreprendre ,
Se laisse terrasser au seul nom d'Alexandre ,
Et , le croyant déjà maître de l'univers,
Aille , esclave empressé , lui demander des fers ? ■
1 JEt , le croyant déjà maître de V univers , Aille . esclave empressé , lui demander des fers ?
VARIANTE
» Et , le croyant déjà maître de l'univers ,
» Aille , jusqu'en son camp , lui demander des fers ? »'L. B. *
* La manière dont Racine refit ces deux vers, prou e qu'il avait appris à corriger heureusement, et à substituer des beciute's aux de'fauts. Jusqu'en son camp était dur; aille, esclave empressé, est Hne opposition élégante.