ACTE I, SCÈNE II. 3o
Il le connut bientôt ; et son ame , étonnée , De tout ce grand pouvoir >e vit abandonnée : ■ Il se vit terra se d'un bras victorieux; Et la foudre en tombant lui fit ouvrir les veux.
Mais encore, à quel prix croyez- vous qu'Alexandre
féminin au propre , et toujours masculin au figura. Je puis assurer que l'Académie française , qui depe^e ordinairement de l'usage d'après tous les bons écrivains , n'établit nullement cette distinction dans son Dictionnaire , où ce mot est marqué indifiVrr-mment des deux genres. Tout ce qu'il y a de vrai dans la remarque du commentateur , c'est que dans ce qu'on appelle les phrases faites , en style de grammaire, telles que celles-ci : un foudre de guerre , un foudre d'éloquence , ce mot est tou;o-ir, masculin. Mais , d'ailleurs , rien n'empêche qu1 aujourd'hui mime , à l'exemple de tous les < !a> iques du siècle passé et du notre , on ne f i^se le moi foudre des deux genres , soit au propre , soit au figuré.
1 Et son ame, étonnée,
De tout ce grand pouvoir se vit abandonnée.
1 ame qui se voit abandonnée d'un grand pouco.'r. Tout ceta n'est pas absolument bien clan. I J) *
* St Ml ame , t'tonr
De tout cr grand pouvoir se vit abandonm
e>t !■ • • ni. Il n'y a point de figure plus permise en poi'-ir ,
qu«- de mettre I u//i> ( oui la i • m'y ait (In-
convenance dans les idées, el il n j en a ja< l'ombre i< qu<- ce n'est pa i unir qm ^ent 1 uham! i au moi
clair . :n. is que cela soit absulununt bien clair . c*e»t ce qu« | .., dm-
3o4 ALEXANDRE,
Mette l'indigne paix dont il veut vous surprendre?
Demandez-le , seigneur , à cent peuples divers
Que cette paix trompeuse a jetés dans les fers.
Non, ne nous flattons point : sa douceur nous outrage;
Toujours son amitié traine un long esclavage :
En vain on prétendrait n'obéir qu'à demi ;
Si Ton n'est son esclave , on est son ennemi.
Seigneur , sans se montrer lâche ni téméraire , Par quelque vain hommage on peut le satisfaire. Flattons par des respects ce prince ambitieux Que son bouillant orgueil appelle en d'autres lieux. C'est un torrent qui passe , et dont la violence Sur tout ce qui l'arrête exerce sa puissance; Qui, grossi du débris de cent peuples divers, Veut du bruit de son cours remplir tout l'univers. Que sert de l'irriter par un orgueil sauvage? l D'un favorable accueil honorons son passage ; Et, lui c dant des droits que nous reprendrons bien, Rendons-lui des devoirs qui ne nous coûtent rien.
PORUS
Qui ne nous coûtent rien , seigneur? l'osez-vous croire?
1 Que sert de V miter par un orgueil sauvage? D'un favorable accueil honorons son passage. On lisuit dans les premières éditions :
« N'attirons point sur nous les effets de sa rage ;
» D'un favorable accueil honorons son passage ». L. B,