‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 11 sur 185 · JOCASTE, ANTIGONE, OLYMPE · texte numérisé non relu

JOCASTE, ANTIGONE, OLYMPE

JO CASTE

Ma fille, avez-yous su l'excès de nos misères?

1 La race de La'ius les a rendus vulgaires. Il y a dans quelques versions :

« Le seul sang de Laïus les a rendus vulgaires ». — L. B.

2 Et tu t'étonnerais s'ils étaient vertueux.

Racine a retranche' ici les quatre vers suivons , qui ralentissaient la fin de cette scène.

Ce sang, en leur donnant la lumière céleste, » Leur donna pour le crime une pente funeste; » Et leurs cœurs, infectes de ce fatal poison, » S'ouvrirent à la baîne avant qu'à la raison ». — L. B. *

* Ce n'est pas seulement parce que ces vefs ralentissaient la fin de cette scène que l'auteur les a retranclie's , c'est parce qu'ils étaient très-mauvais de tout point, même dans un coup d'essai. C'a sarig qui donne la lumière, n'est pas supportable. Avant qu'a la r-u-

est une de ces ellipses dures et contraires au ge'nie de D< langue, dont Racine et Boilcau l'ont purge'e.

l32 LES FRÈRES ENNEMIS,

ANTIGÛNE.

Oui , Madame, on m'a dit' la fureur de mes frères.

JOCAST E.

Allons , chère Antigone , et courons de ce pas 2 Arrêter , s'il se peut , leurs parricides bras. Allons leur faire voir ce qu'ils ont de plus tendre 3 ; Voyons si contre nous ils pourront se défendre , Ou s'ils oseront Lien , dans leur noire fureur ,

1 Oui. 'Madame, on m'' a dit la fureur de mes frères.

Dire se met quelquefois en vers pour raconter :

Dis les -îalheurs du peuple et les fautes des princes.

(Uenriade , ch. ier.) Mais on ne peut pas raconter la fureur ; on n'en raconte que les effets. L. B. *

* Non-seulement dire pour raconter s'emploie en vers : mais il s'v emploie très-élégamment. Raconter la fureur ne. se dirait pas Lien; mais raconter les fureurs n'aurait rien de répréhensible.

2 ICt courons de ce pas.

Racine substitua cette façon de parler aune autre plus familière , qui se trouvait dans les premières éditions. On y lisait :

« Allons tout de ce pas ». — L. B.

3 Allons leur faire voir ce gu 'ils ont de plus tendre.

Ce qu'ils ont de plus tendre , pour ce qu'ils ont de plus cher. L. B. **

** Il fallait ajouter que ce qu'ils ont de plus tendre, pour ce qu'ils ont de plus cher, n'a pu en aucun tems se dire n aucune manière. Ces deux idées n'ont rien de commun. Ce qui est le plus tendre peut trop souvent n'être pas ce qui est le plus cher. L'es-

presoion est ici absolument impropre.

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