‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 12 sur 185 · JOCASTE, ANT1GONE, ÉTÉOCLE, OLYMPE · texte numérisé non relu

JOCASTE, ANT1GONE, ÉTÉOCLE, OLYMPE

JOCASTF.

Olympe ,. soutiens-moi , ma douleur est extrême.

ÉTÉOCLE

Madame, qu'avez-yous? et quel trouble

Ali ! mon Cils , Quelles traces de sang vois-je sur vos habits1 ?

* Répandre notre sang pour attaquer le leur. A '/ 'laquer un sang est un terme impropre. 1 Quelles traces de sang vois-je sur vos habits ? ( )n lit dans quelques éditions :

Madame, qu'avez-vous ? et quel mal si cache. . . » Ah! mon fils, de quel sang êtes-vous là tache i ? Louis Racine condamne le mot de traces en cet endroit : il prc:tend qui! ne convient qu'aux impressions marquées sur la terre , mais il se trompe. Trace dérive du verbe latin tiaherc , et convient par conséquent à toute sorte d'impression successive , en quelque lieu qu'on la remarque. L. lï. **

** Cette observation est juste. On pouvait aussi louer l'auteur il tvoîl lOpprimé d'aussi mauvais veri que ceux-ci :

ht i/ m l mal si cache. . .

De quel sa ng ètes-vous là taihe ?

l34 LES FRÈRES ENNEMIS,

Est-ce du sang d'un frère ■ , ou n'est-ce point du vôtre ?

ÉTÉOCLE

Non, Madame , ce n'est ni de l'un ni de l'autre.

Dans son camp jusqu'ici Polynice arrêté ,

Pour eombattre, à mes yeux ne s'est point présenté.

D'Argiens seulement une troupe hardie

M'a voulu de nos murs disputer la sortie.

Louis Racine, dans le monologue précédent, blâme aussi, et mal-à-propos ce me semble , le mot vulgaires.

Mais ces njonstrps, hélas! ne t 'épouvantent gueres , La race de Laïus les a rendus vulgaires. k Vulgaire- pour communs , mauvaise expression ».

Je crois que c'est tout le contraire ; que communs serait plat , et que vulgaires est élégant, par la place où il est, et comme épithète de monstres. Des monstres communs semblent re'pugner à la pense'e et à l'oreille ; mais des monstres rendus vulgaires^ devenus vulgaires , s'entendent très-bien. En effet, commun exprime plus particulièrement le nombre , et vulgaire la qualité. Ainsi l'on dit, c'est une opinion commune , pour dire celle du plus grand nombre des hommes peu instruits, sans distinction : c'est une opinion vulgaire, pour dire celle des'hommes peu instruits. De même des forfaits communs, des monstres communs, présentent l'idée des forfaits et des monstres en grand nombre. « A telle épo- » que de l'Histoire, les monstres étaient communs; mais parmi eux » il y en eut qui n'étaient pas vulgaires.-» Les deux membres de cette phrase marquent la différence des deux mots. L'un fait entendre que les monstres parurent en foule ; l'autre , ijue , dans la foule , il y en eut d'une espèce rare , même parmi us monstres.

1 Est-ce du satig d'un frère ?

Racine avait mis d'abord :

« Est-ce de votre frère »? — L, B.

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