ACTE II, SCÈNE I
D'une crainte si juste est sans cesse agite'e ;
Je tremble pour mon frère , et crains que son trépas
D'un ennemi si cher n'ensanglante le bras.
-Mais en rain je m'oppose à l'ardeur qui l'enflamme ,
Axiane et Porus tyrannisent son ame ;
Les charmes d'une reine et l'exemple d'un roi,
Dès que je veux parler, s'élèvent contre moi.
Que n ai-je point à craindre en ce désordre extrême !
Je crains pour lui, je crains pour Alexandre même.
Je sais qu'en 1 attaquant cent rois se sont perdus ;
Je sais tous ses exploits : mais je connais Porus.
Nos peuples , qu'en a vus triompbans à sa suite
Repousser les efforts du Persan et du Scvthe ,
Et tout fiers des lauriers dont il les a chargés ,
Vaincront à son exemple, ou périront vengés.
Et je crains...
éphestio >-.
Ah ! quittez une crainte si vaine ;
Laisses courir Porus où son malheur l'entraîne ;
Que l'Inde en sa faveur arme tous sas «tais,
Et que le seul Taxile en détourne ses pas.
Mais les voici.