AXIANE, PORUS
AXI \>TE.
Cette sombre froideur ne m'en dit pourtant rien ,
Lâcbe ! et ce n'est point là , pour me le faire croire ,
La démarche d'un roi qui court à la victoire.
Il n'en faut plus douter , et nous sommes trahis :
Il immole à sa sœur sa gloire et sou pays;
Et sa haine , seigneur, qui cherche à vous abattre,
Attend pour éclater que vous alliez combattre.
PORV .S.
Madame, en le perdant, je perds un faible appui ; Je le connaissais trop pour ni assurer sur lui.
* Kcoutcz moins ce bruit qui vous tient alarmt'e.
(,• 1 1 . pli im: manque dVlcgance, parce qu'elle est àrôir du m-.! propre , >/ui vous tient en alarmes , dont l'auteur l'eâl privé
pour la rim c'eal re <ju'il oe faut jamais laisser apercevoir
<jmtiJ ou veut tendre a I.j |»cife< tioo.
34o ALEXANDRE,
Mes yeux ■ sans se troubler ont vu son inconstance : Je craignais beaucoup plus sa molle résistance. Un traître, en nous quittant pour complaire à sa sœur. Nous affaiblit bien moins qu'un lâche défenseur.
AXIANE
Et cependant , seigneur , qu'allezT-vous entreprendre T Vous marchez sans compter les forces d'Alexandre ; Et, courant presque seul au-devant de leurs coups, Contre tant d'ennemis vous n'opposez que vous.
PO ru s. Hé quoi ! voudriez-vous qu'à l'exemple d'un traître Ma frayeur conspirât à vous donner un maître ; Que Porus, dans un camp se laissant arrêter, Refusât le combat qu'il vient de présenter ? Non, non, je n'en crois rien. Je connais mieux, madame,
1 Madame , en le perdant , je perds un faible appui ; Je le connaissais trop pour m' assurer sur lui. Mes yeux , etc.
Racine a fait ici quelques changement. Après le vers ,
« Attend , pour e'clater , que vous alliez, combattre ,
Axîane ajoutait :
» O dieux
Porus re'pondait :
» Son changement me dérobe un appui, » Que je connaissais trop pour m'assurer sur lui. v 3!*s yeux, etc. » L. B.